Région de l’Est : L’exécutif recueille les préoccupations des forces vives

A la faveur du Conseil des ministres délocalisé dans la ville de Fada N’Gourma, le Président du Faso ainsi que l’ensemble du gouvernement, ont eu un échange direct avec les forces vives de la région de l’Est. L’un après l’autre, les treize représentants des différentes composantes ont fait part de leurs préoccupations auxquelles les ministres interpellés ont essayé d’apporter des éléments de réponse.

 

Les habitants de Fada N’Gourma ont vraiment de quoi se réjouir. En effet, après l’inauguration de l’Institut régional d’administration de l’Est le Mardi 1er septembre dernier par le Chef du gouvernement, Yacouba Isaac Zida, la tenue du Conseil des ministres le lendemain dans cette ville de 9 heures à 19 heures, où d’importantes décisions ont été prises, ils ont bénéficié d’un cadre de dialogue que leur a offert le Président du Faso, avec l’ensemble du gouvernement.

Dès l’entame de la séance d’échange, le gouverneur de la région, le Colonel-major Hyacinthe Yoda, après avoir souhaité la bienvenue au Président et à sa délégation, a présenté la région de l’Est comme étant la plus vaste du Burkina (17,13% du territoire national)avec une population de 1. 212. 284 habitants selon le recensement de 2006. Et pour introduire les échanges, le Président du Faso a d’abord passé en revue les actes forts posés par la Transition avant de réaffirmer à la population sortie massivement pour la circonstance, leur volonté de comprendre les préoccupations de la région. « Nous avons tenu à communier avec vous et écouter vos doléances pour que ceux qui vont nous succéder puissent prendre en compte ces préoccupations », a-t-il dit avant de donner la parole aux représentants des différentes composantes.

L’un après l’autre, les treize intervenants mandatés par les services publics étatiques, les projets et associations de développement, les partis politiques, les autorités coutumières et religieuses, les forces de défense et de sécurité, les associations féminines, les personnes âgés et handicapées, les paysans, les médias, la jeunesse, les organisations de la société civile, les commerçants et orpailleurs … ont chacunégrainé leurs préoccupations essentielles.Les plus récurrentes sont l’insécurité grandissante, la vétusté des infrastructures routières, le manque d’infrastructures éducatives et sanitaires, l’incivisme.

Sur ce dernier point, le Premier ministre a expliqué : « La question de l’incivisme est une question nationale et due au fait que pendant longtemps, les burkinabè ont travaillé à créer une méfiance entre l’administration et l’administré. Le contrat social a été brisé. Après l’insurrection, nous travaillons à rétablir cette confianceet il y a des signes d’encouragement ». Mais comme l’incivisme n’est pas né un seul jour, il ne peut pas finir en un jour, a-t-il ajouté. Quant au problème d’insécurité, les forces de défense et de sécurité ont insisté sur le renforcement des effectifs et des moyens logistiques. Le ministre de la Sécurité, Sidi Paré, sans vouloir dévoiler les stratégies en cours pour remédier à ce fléau, a rassuré les populations que des actions sont entreprises dans ce sens par le gouvernement.

Sans trahir le secret, le chef du gouvernement a affirmé qu’il y a un programme d’installation des casernes des sapeurs-pompiers. « Après Boromo, nous nous attelons à mettre un poste à Koupéla », a-t-il précisé. Pour ce qui concerne la dégradation avancée des routes, une réalité que le gouvernement a touché du doigt en effectuant le déplacement de Fada, le ministre en charge du département a annoncé le démarrage des travaux de bitumage du tronçon Fada-Kantchari-frontière du Benin en 2016 et celui du tronçon Koupéla-Fada-frontière du Niger en 2017.

Et pour répondre aux besoins d’infrastructures éducatives et sanitaires, le Coordonnateur du Programme socio-économique d’urgence de la Transition (PSUT), Olivier Sawadogo a notifié que pour la région de l’Est huit complexes scolaires et deux Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) seront construits. En sus, le Conseil des ministres tenu la veille a décidé la réalisation de de trois autres CSPS. 
Honorée par la présence des plus hautes autorités du pays dans leur cité, la jeunesse de Fada en a profité pour exprimer leur vœu le plus cher, celui d’abriter les prochaines assises nationales de la jeunesse.