« La construction de la démocratie exige beaucoup de persévérance, parce que l’adversité est là ! », dixit Yacouba Isaac ZIDA

Le premier conseil des ministres consacrant la restauration du gouvernement de transition, après le putsch avorté du général Diendéré, s’est tenu, ce vendredi 25 septembre 2015 dans les locaux du Premier ministère. A la sortie de la rencontre, le Chef du Gouvernement, Yacouba Isaac ZIDA, a accordé un mini-point de presse aux journalistes massés devant le perron de la Primature. Lisez !

Quels sont les points abordés au cours de ce conseil des ministres ?

Tout d’abord, c’était un plaisir pour les membres du gouvernement de se retrouver au grand complet. C’était l’occasion pour nous d’observer ensemble une minute de silence à la mémoire de nos compatriotes tombés au cours des récents évènements. Je profite encore de vos micros pour adresser aux familles des victimes nos condoléances les plus sincères. Nous avons évidemment examiné la situation qu’a connue notre pays la semaine écoulée. Nous avons pris des décisions importantes allant dans le sens de résoudre définitivement la crise que connaît le pays, de remettre en marche l’appareil d’Etat, de donner plus de sérénité pour la continuité de l’administration, de donner un nouvel élan au processus de transition afin que notre mission première qui est l’organisation des élections se fasse dans de meilleures conditions.

Y a-t-il une date pour les élections ?

Pour l’instant, c’est trop tôt pour décider d’une date. Comme je l’ai dit, nous sommes d’abord préoccupés par la sécurisation du pays et des populations, ainsi que la remise en marche de l’administration. Vous voyez que tout est bloqué depuis une dizaine de jours. Le processus électoral va reprendre, mais certainement en concertation avec tous les acteurs, nous allons pouvoir déterminer une date.

Avez-vous parlé du RSP ?

De la question du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), nous avons parlé. Vous aurez les résultats dans le compte rendu du Conseil des ministres.

Quelle décision a été prise, désarmement ou dissolution ?

Désarmement et dissolution à la fois.

A quelle date ?

Immédiatement !

Il y a un ministre (NDLR : Sidi Paré de la Sécurité) qui était absent au Conseil des ministres. Est-ce que son absence est justifiée ?

Le compte rendu du Conseil des ministres sera plus complet. Vous aurez certains détails. Permettez que l’on puisse passer sur cette question.

Toujours le couvre-feu ?

Oui, toujours le couvre-feu. Vous savez que les unités militaires sont déployées. Elles ont besoin de ce couvre-feu pour travailler afin de ne pas mettre plus en danger les populations. Le couvre-feu va se poursuivre deux ou trois jours, le temps que tout rentre dans l’ordre.

Et le mot d’ordre de grève générale ?

Evidemment, le mot d’ordre de grève a été lancé suite à une exigence. Nous pensons que l’on devrait pouvoir lever le mot d’ordre de grève dans les heures à venir.

Pourquoi vous vous êtes réunis ici et non à Kosyam ?

Nous estimons que nous sommes là dans un cadre beaucoup plus tranquille, beaucoup plus serein, après les évènements que l’on a connus la semaine dernière à Kosyam. Ce n’est pas forcement qu’il y a des problèmes à Kosyam. En attendant que les choses se précisent, nous avons préféré être ici, dans un esprit beaucoup plus serein pour travailler.

Avez-vous été victime de violences ?

Non, je n’ai pas du tout subi de violence.

Quels enseignements vous tirez ?

Ce que je retiens, c’est que la construction de la démocratie non seulement pour le Burkina Faso mais aussi pour les autres pays n’est pas une tâche aisée. C’est difficile et exige beaucoup de persévérance, parce que l’adversité est là. Nous avons besoin d’être persévérants pour mettre en place une véritable démocratie. C’est l’aspiration de notre peuple. Personne ne peut imaginer un peuple qui accepte d’être gouverné par des putschistes. Surtout pour le peuple burkinabè que vous connaissez autant que moi, il est inimaginable et impensable qu’il se laisse gouverner par des putschistes, d’où qu’ils viennent.

Une enquête a –t-elle été ouverte sur le général Gilbert Diendéré ?

Nous allons mettre en place un comité d’enquête qui va travailler professionnellement afin de nous dire qui est acteur, qui a fait quoi, quel est le degré d’implication de chacun. Bien sûr que la justice va faire son travail après les conclusions de cette enquête.

Est-ce que les fonctionnaires burkinabè auront leur salaire d’ici la fin du mois ?

Les fonctionnaires burkinabè ont déjà leur salaire. Vous pouvez vérifier. Je pense qu’ils ont leur salaire depuis au moins soixante-douze (72) heures.

Où se trouve le général Diendéré ?

Le général Diendéré doit être actuellement au camp Naaba Koom avec ses hommes.

Avez-vous des informations sur l’inventaire des armes du RSP ?

Oui, le processus se déroule normalement.

Avez-vous l’assurance qu’il n’y a plus de danger avec le général Diendéré et ses hommes dans ce camp ?

Je peux vous assurer qu’il n’y aura pas de danger parce que toutes les dispositions sont prises pour que les éléments déposent les armes et que le processus de désarmement et d’encasernement puisse se conduire dans de meilleures conditions. Ceux qui auront à répondre devant la justice, vont répondre. Ceux qui auront à poursuivre une carrière militaire normale dans d’autres contextes vont continuer. De mon point de vue, il n’y aura véritablement pas de danger.