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L'Actualité du Premier Ministère



bt2rouge-p.gif (185 octets)Voir aussi les discours du premier ministre


boulejaune.gif (402 octets)Le premier ministre a procédé à l'inauguration de la première foire du Karité(20 fevrier 2001)nouveau.gif (144 octets)
boulejaune.gif (402 octets)Communiqué de presse du premier ministère(19-20 fevrier 2001)nouveau.gif (144 octets)

boulejaune.gif (402 octets)La Dynamique du Dialogue en Marche(19-20 fevrier 2001)nouveau.gif (144 octets)

boulejaune.gif (402 octets)Le premier ministre reçoit les huit partis politiques signataires du protocole d'accord( 5 décembre 2000) boulejaune.gif (402 octets)Cérémonie de présentation de voeux du nouvel an au premier ministre par le personnel ( 11 janvier 2001)
boulejaune.gif (402 octets)Ouverture du 4ème congrès de la société africaine de Gynécologie et d'Obstétrique (4 décembre 2000) boulejaune.gif (402 octets)Conférence des ministres des mines et de l'énergie( 3 décembre 2000)
boulejaune.gif (402 octets)Passation de service au premier ministère entre le premier ministre entrant et le premier minstre sortant(13 novembre 2000) boulejaune.gif (402 octets)Le premier ministre reçoit les clés de l'hôpital pédiatrique de Ouagadougou( 30 novembre 2000)
boulejaune.gif (402 octets)Le président Blaise Compaoré rend hommage à Kadré Désiré Ouédraogo son ancien premier ministre( 10 novembre 2000) boulejaune.gif (402 octets)Réunion de haut niveau sur le commerce électronique et la fiscalité en Afrique suivi du message du premier ministre(26 Octobre 2000)
boulejaune.gif (402 octets)Discours du Premier Ministre devant l'Assemblée nationale( 24 mars 2000) boulejaune.gif (402 octets)Fin de concertation Collectif-Gouvernement( 15 mai 2000)
boulejaune.gif (402 octets)Le Premier Ministre préside la conférence de suivi mondial pour le développement social( 28 septembre 1999) boulejaune.gif (402 octets)Le Premier Ministre rencontre les partis politiques (17 septembre 1999)

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Le Premier Ministre préside la conférence de suivi du sommet mondial pour le développement social pour les sous-regions de l'Afrique centrale et de l'Ouest                                     

Le premier Ministre Kadré Désiré Ouédraogo a présidé le mardi 28 septembre à Ouagadougou, l'ouverture  de la conférence sous-regionale du suivi des décisions du sommet mondial pour le développement social, tenu en 1995 à Copenhague au Danemark.

Dans son adresse aux conférenciers, Monsieur Ouédraogo a souligné que la pauvreté est un fléau qui affecte gravement le continent africain. Selon les données recentes, la pauvreté s'est accrue au cours des dix dernières années en Afrique. Selon le Premier Ministre burkinabè, le ratio sur ce continent est passé de 38,5% en 1987 à 39,7% en 1993 tandis que l'indice de pauvreté pour la même période est passée de 14,4% à  15,3%.

Le Premier Ministre a affirmé qu'au Burkina Faso, les indicateur sociaux, malgré un progrès notable, démeurent faibles. Le taux de scolarisation est passé de 35,7% en 1995 à 40% en 1998. Le taux d'alphabétisation est passé de 22,2% en 1994 à environ 26% en 1998. Dans le domaine de la santé, le taux de mortalité infantile a regressé de 134% à 105,3% en 1998.

Monsieur Kadré Désiré Ouédraogo a souligné qu'une des contraintes majeures à la lutte contre la pauvreté est le poids de la dette. L'essentiel des ressources des pays africains est consacrée au règlement du service de la dette extérieure. La conférence se déroule sous l'égide de la commission économique africaine(CEA). Elle prend fin le 30 septembre prochain.


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Le Premier Ministre rencontre les partis politiques

Suite aux instructions données par le Président du Faso au Conseil des Ministres en sa séance du 15 septembre 1999, le Premier Ministre a rencontré le vendredi 17 septembre 1999 à son cabinet des responsables des partis politiques de la mouvance présidentielle et de l'opposition. Etaient présents:

  • Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) et les autres partis de la mouvance présidentielle( ULD, MDP,PLD,CDF, ODDN, NDS, UFD,UFDP)

  • Le parti pour la démocratie et le Progrès (PDP)

  • L'alliance pour la démocratie et la fédération / Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA)

  • Les verts du Burkina

  • Le Front de refus-RDA

  • Les partis regroupés au sein de la convention des partis sankaristes (BSB,FFS,PDSU,UDPI)

  • Les partis réunis au sein de l'union des forces sankaristes (MTP,PNP,RDP,ATS)

  • Le parti africain pour l'indépendance(PAI)

  • Le parti socialiste burkinabè(PSB)

  • Le groupe des démocrates patriotes(GDP)

L'objet de la rencontre était d'apporter des précisions complémentaires sur les objectifs et les tâches du gouvernement de large ouverture proposé par le président du Faso à l'ensemble de la classe politique.

A cet effet , le premier Ministre a indiqué qu'un tel gouvernement aura un double objectif:

  • Assurer la gestion des affaires courantes de la nation et en particulier la poursuite des programmes et projets de développement pour lesquels le président du Faso a été élu par le peuple burkinabè.

  • S'investir à touver dans les meilleurs délais, les solutions appropriées aux grandes préoccupations exprimées par la classe politique les derniers mois et analysées par le Collège de Sages.

Les questions urgentes qui seront examinées par le gouvernement en vue de décision concrètes dans les meilleurs délais s'articulent autour des points suivants:

a) La lutte contre l'impunité et les crimes économiques

b) La reforme des institutions et des textes régissant les libertés publiques

c) La réconciliation nationale.

Sur tous ces points, le Premier Ministre a donné des indications sur les tâches à accomplir par le gouvernement dans la concertation avec toutes les parties intéressées. Il s'agira notamment:

  • En matière d'impunité et de crime économiques

-D'assurer par tous les moyens, la lutte contre l'impunité et poursuivre les efforts en vue d'un traitement rapide  des dossiers pendants en justice dans le strict respect de l'indépendance du pouvoir judiciaire.

-De poursuivre l'oeuvre de réorganisation du système judiciaire et du système administratif dans la recherche de la transparence, de l'impartialité, de l'efficacité et du respect de l'ethique professionnelle;

-D'assurer une lutte conséquente contre la corruption en renforçant les organes de contrôle et d'inspection

  • En matière de reforme des institutions:

-De trouver en relation avec les acteurs de la scène politique et sociale, les solutions aux problèmes de reforme des institutions de la République et des textes fondamentaux régissant les libertés publiques.

Il s'agira de décider dans quel sens, dans quel délai  et dans quel cadre assurer la reforme des institutions et la relecture  des textes regissant les libertéspubliques, notamment en ce qui concerne:

-Le système judiciaire

-Le code électoral et l'organisation des élections

-le financement des partis et des campagnes électorales

-Le statut de l'opposition

-La lutte contre les crimes économiques

-les lois portants sur les libertés publiques et la sécurité des personnes et des biens;

-Etc

  • En matière dee reconciliation nationale:

-De travailler à la recherche du meilleur processus pour la mise en oeuvre  de la réconcialiation nationale souhaitée par tous, et conforter la paix sociale ainsi que les avancées de notre processus démocratique.

Le Premier Ministre a précisé que l'exécution de tous ces tâches se fera par la concertation en ayant en vue les recommandations du collège de sages et d'autres recommandations et par dessus tout en tenant compte des intérêts supérieurs de notre pays.

C'est une mission qui requiert la contribution des filles et fils du Burkina faso dans le souci  de la préservation de la paix sociale si chère à notre peuple, du progrès continu de notre pays, et du caractère republicain de notre Etat.

C'est pourquoi il en a appelé au sens du compromis , et de dépassement de chacun des partis pour assurer  à cette démarche de paix engagée par le président du faso, le succès que tous les burkinabè attendent.

Après avoir repondu aux questions d'éclaircissement et aux observations formulées par les participants, le Premier Ministre a levé la seance   en invitant les partis consultés à faire connaître leur position définitive dans les meilleurs délais.

Fait à Ouagadougou le 17 septembre 1999

La Direction de la Communication du Premier Ministère


Discours du Premier Ministre sur l'Etat de la Nation prononcé devant l'Assemblée nationale le Vendredi 24 Mars 2000

 

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Mesdames et Messieurs les Députés,

C’est un plaisir et un honneur pour moi de venir une fois de plus au devant de votre auguste assemblée pour présenter le traditionnel discours sur l’état de la Nation. Ce moment privilégié d’échanges avec le Peuple à travers ses illustres Représentants permet au Chef du Gouvernement de fournir des informations, des précisions et des explications sur l’action que celui-ci a menée au cours de l’année écoulée. Pour un pays comme le nôtre, confronté aux défis de l’autosuffisance et de la sécurité alimentaires, de la santé, du logement, de l’éducation, de la bonne gouvernance et de la démocratie, le travail à accomplir est immense et les arbitrages à effectuer sont délicats du fait que tout paraît prioritaire.

L’ambition du Gouvernement dans un tel contexte est de parvenir aussi rapidement que possible à améliorer sensiblement les conditions de vie de la population et combattre ainsi la pauvreté. Toutefois, la modestie des moyens disponibles et la lenteur de la mutation des mentalités indispensable à tout progrès durable, sont des contraintes dans la fixation des objectifs et l’appréciation des résultats obtenus.

Aussi, le discours sur l’état de la Nation est–il moins une occasion de tirer des motifs de satisfaction même légitimes, qu’un regard diagnostique sur le chemin parcouru et un moyen pour éclairer sur nos objectifs immédiats, car nul mieux que le Gouvernement n’est conscient du niveau encore insatisfaisant de notre développement et de l’immensité des tâches qui restent à accomplir.

La période écoulée depuis mon précédent discours aura été très riche en enseignements pour notre pays dans son combat pour la démocratie et le progrès social. Comme par une brusque accélération de l’histoire, les événements se sont enchevêtrés, les uns douloureux, les autres chargés d’espérances. L’année 1999 aura été pour notre pays une année politique par excellence. Mais s’il est incontestable qu’en raison de l’actualité nationale les dossiers politico–judiciaires ont occupé le devant de la scène, on ne saurait passer sous silence la gestion du climat social difficile, les nombreux défis de la gestion économique et les conséquences d’une saison pluvieuse capricieuse, avec son lot d’inondations et de poches de sécheresse dans certaines régions.

Notre nation a en outre été éprouvée par le retour dramatique de nos compatriotes de la région de Tabou en Côte d’Ivoire. Je saisis cette occasion pour dire merci à toutes les bonnes volontés (pays, organisations et particuliers) qui nous ont tendu la main dans ces circonstances difficiles.

Si donc notre pays a vécu une année éprouvante, le plus important aux yeux du Gouvernement, c’est que, grâce aux efforts conjugués de tous pour préserver l’esprit de dialogue, de tolérance et de solidarité, il arrive chaque fois à faire face efficacement aux multiples défis auxquels il est confronté. C’est pourquoi je ne saurai trop insister sur la nécessité de cultiver ces vertus cardinales et séculières de notre peuple.

La tribune qui m’est offerte sera une occasion de plus pour renouveler, en mon nom et en celui du Gouvernement, toute notre reconnaissance à Son Excellence Blaise COMPAORE, Président du Faso, pour la confiance qu’il nous témoigne et son dévouement constant à impulser et appuyer notre action.

La sage vision qu’il a de son rôle de garant et d’incarnation de l’unité nationale, a été un catalyseur pour le bon fonctionnement de notre dispositif institutionnel et la préservation de la paix sociale qui nous est si chère.

A cet égard, je me dois de souligner la hauteur de vue avec laquelle la situation difficile que notre pays a traversée depuis les événements de Sapouy, a été gérée conformément aux règles de l’Etat de droit et aux valeurs fondatrices de la République. Cette gestion est la traduction de notre volonté commune et résolue de faire du Burkina Faso un pays de démocratie parfaite, de promotion et de protection des droits de l’homme dans toutes leurs dimensions.

Monsieur le Président,

Vous me permettrez de saluer le rôle joué par votre noble institution au cours de la période. Tant à l’hémicycle qu’auprès des populations au Burkina Faso comme à l’étranger, vous même et les députés vous vous êtes investis pour assurer la paix sociale, promouvoir la solidarité entre les peuples, consolider la démocratie et trouver des réponses adéquates à nos préoccupations de l’heure. Le Gouvernement par ma voix vous remercie et vous félicite.

Je voudrais également témoigner ma gratitude à l’ensemble de nos institutions républicaines qui apportent, chacune dans sa sphère de compétence, une contribution appréciable à la bonne gestion de la vie nationale.

Il s’agit notamment de la Chambre des représentants qui présente un nouveau visage avec le renouvellement de sa législature, du pouvoir judiciaire dont la restructuration est en cours pour toujours plus d’efficacité, du Médiateur du Faso qui nous a édifié sur sa grande utilité. Il s’agit également du Conseil économique et social dont la sphère d’activité ne cesse de grandir, de la Grande Chancellerie des ordres burkinabè dont le souci a été de bien assumer son rôle de chantre des valeurs du travail et du sacrifice au profit de la Nation. Il s’agit enfin du Conseil supérieur de l’information qui a fait preuve de dépassement dans l’accomplissement de ses missions combien délicates.

A toutes les couches vives du Burkina Faso notamment les sages, les autorités coutumières et religieuses, les femmes, la jeunesse, les travailleurs des campagnes et des villes, les forces de défense et de sécurité, les organisations politiques et de la société civile, j’adresse les salutations du Gouvernement. J’exhorte tout un chacun à toujours placer l’esprit patriotique au-dessus de toute autre considération. C’est à ce prix que nous continuerons à surmonter tous les obstacles qui se dressent sur le chemin de notre épanouissement et à apporter définitivement la preuve qu’il est possible à un pays aux ressources naturelles si faibles d’accéder à la démocratie et au développement humain durable.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le Gouvernement a, au cours de la période écoulée, œuvré pour l’apaisement du climat social, l’approfondissement et la consolidation de notre processus démocratique, l’amélioration de l’état général de notre économie et la promotion des secteurs sociaux, tout en maintenant le dynamisme de notre politique extérieure.

Le cadre politique et institutionnel dont notre pays s’est doté pour l’expression de la démocratie ne s’est pas limité à la prise en compte des principes universels qui fondent ce système. Il s’est aussi inspiré des valeurs de dialogue et de tolérance qui caractérisent notre peuple et son organisation sociale. C’est ce qui explique la richesse de notre paysage institutionnel.

Mais aussi parfait qu’il puisse être, le dispositif institutionnel est au service des hommes et non le contraire. Il doit de ce fait être ajusté chaque fois à l’environnement changeant et pouvoir assimiler les cadences d’une vie politique et sociale qui ne se laisse pas toujours programmer. C’est fort de cette conviction que des structures ad hoc ont été mises en place pour faciliter et améliorer la prise en charge de questions nécessitant un traitement particulier. Il s’agit notamment de la Commission d’Enquête Indépendante pour l’affaire Norbert ZONGO, du Collège de sages et des deux commissions de concertation chargées l’une des réformes politiques, l’autre de la réconciliation nationale.

C’est l’occasion pour moi de renouveler mes remerciements à ces structures pour leur contribution et de réaffirmer que leur mise en place ne saurait être interprétée comme un quelconque désaveu des Institutions républicaines.

Je voudrais réaffirmer ici l’attachement du Gouvernement au bon fonctionnement des Institutions et à l’ordre républicain. Après l’adoption de la constitution en 1991, chacun doit se convaincre qu’une page nouvelle a été ouverte dans l’histoire de notre pays, avec la possibilité de poursuivre et de punir les manquements aux règles de l’Etat de droit. Tout en assumant nos responsabilités du passé, nous devons nous tourner résolument vers l’avenir.

Toujours dans cette perspective et en nous appuyant sur les recommandations du Collège de sages et de la Commission de concertation sur les réformes politiques, nous avons ouvert un vaste chantier de réformes institutionnelles, dans le dialogue avec l’ensemble de nos partenaires politiques et sociaux. Outre les structures ad hoc susvisées, ce dialogue a été entretenu dans d’autres cadres. Il s’agit notamment des rencontres avec la classe politique et les organisations de la société civile et de la mise en place d’un Gouvernement ouvert à toutes les sensibilités politiques.

Il est exact que ces démarches ne nous ont pas toujours permis d’atteindre tous les résultats recherchés. Nous continuons cependant à cultiver ce dialogue car il s’agit d’un principe de bonne gouvernance qui doit de ce fait être apprécié de manière intrinsèque, indépendamment des résultats qu’il permet d’atteindre. Nous avons foi à son aboutissement à des solutions heureuses, convaincus que nous sommes de la capacité des Burkinabè à se surpasser dès lors qu’il s’agit de sauver l’essentiel.

Concernant les mesures de réformes, elles sont d’ordre juridique et d’ordre politique.

Les réformes juridiques se rapportent tout d’abord à la relecture de certaines dispositions de la Constitution et ont été l’objet d’une proposition de loi. Cette relecture visait la modification des dispositions de l’article 37, de celles relatives à la Chambre des représentants et au pouvoir judiciaire ainsi que la prise en compte du Conseil économique et social.

Quant aux réformes politiques, elles concernent le statut de l’opposition, le financement des partis politiques et des campagnes électorales, la modification de certaines dispositions du code électoral et de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et le Conseil Supérieur de l’Information (CSI). Certains de ces textes avaient déjà fait l’objet d’une initiative de la part de votre institution et nous tenons à vous en féliciter. Il s’agit notamment de ceux relatifs au statut de l’opposition et au financement des partis politiques et des campagnes électorales. Tous ces projets et propositions de loi sont à l’ordre du jour de votre présente session.

Le report des élections municipales de quelques mois vise à tenir compte justement de la rénovation du cadre juridique et politique des consultations électorales.

Il y a lieu également de souligner l’importance toute particulière qui est accordée à la société civile dans notre action. Cela s’est traduit d’une manière générale par sa prise en compte dans la définition et la mise en œuvre des stratégies et des politiques nationales. La revalorisation de la Chambre des Représentants et du Conseil économique et social qui sont des structures de référence de cette composante sociale participe aussi de cette volonté.

Cependant, à la lumière de l’expérience de notre pays et dans le sens des recommandations issues des rapports du Collège de Sages et de la Commission pour la réconciliation nationale, il est indispensable qu’un recentrage soit opéré dans le débat national. Il importe d’éviter la confusion sinon la collusion entre les vocations pour permettre que chaque organisation évolue strictement dans sa sphère de compétence.

Le Gouvernement a également fait preuve d’une grande sérénité et de beaucoup de compréhension dans ses rapports avec les partenaires de la société civile et de la société politique, notamment dans le cadre de la gestion du dossier Norbert ZONGO. Il déplore cependant que sa bonne foi ait été parfois mal exploitée et que sa disponibilité à une franche et loyale collaboration ait été mal interprétée par les responsables de certaines organisations.

Je réaffirme ici notre soutien total à toutes les organisations de défense des droits humains et à toutes les associations corporatistes. Fidèle à nos engagements, le Gouvernement œuvrera toujours pour le plein respect des droits de l’Homme ainsi que pour l’élargissement et l’exercice des libertés individuelles et collectives.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La crise que vit notre système judiciaire plonge ses racines dans un passé lointain et les maux dont il souffre sont communs à la plupart des services publics. Ce constat ne saurait cependant constituer une excuse dans la mesure où la justice doit jouer le rôle de la sentinelle qui redouble de vigilance quand les autres s’assoupissent. En tant que dernier recours des citoyens pour le respect des droits et des libertés, la justice se doit d’être d’une impartialité et d’une objectivité à toute épreuve. Sa présence doit rassurer le citoyen honnête et sa parole doit par elle-même faire autorité. C’est conscient de cela que nous avons entrepris l’œuvre de rénovation du système dont le point de départ a été la tenue du forum national sur la justice en octobre 1998.

Au cours de la période écoulée, l’action du Gouvernement a tendu à la mise en œuvre conséquente des pertinentes conclusions de ce forum. A cet effet, un document portant stratégie et plan d’action national pour la réforme du système judiciaire a été examiné par le Gouvernement. Il vise le renforcement de la capacité institutionnelle de la justice et le renforcement de son indépendance.

C’est ainsi que la révision constitutionnelle dont le projet vous est soumis prévoit la création de 4 degrés supérieurs de juridiction en remplacement de la Cour Suprême.

D’autres mesures de réformes législatives et réglementaires sont en chantier dont la relecture de la loi portant organisation judiciaire, le code de procédure pénale, le statut de la magistrature, l’organisation de la profession d’avocat, l’organisation de la profession de notaire et celle de la profession d’huissier.

Pour ce qui est du renforcement des moyens, il y a lieu de signaler le recrutement de 15 magistrats, de 5 greffiers en chef, de 10 greffiers, de 20 secrétaires de greffes et parquets, tous en formation actuellement à l’ENAM et 20 gardiens et surveillants de prison, en cours de formation à l’Ecole nationale de police.

Il est également entrepris la construction de tribunaux de grande instance et de maisons d’arrêt et de correction à Manga, Kongoussi et Bogandé. Des efforts importants ont en outre été déployés en termes de formation continue et d’équipements.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

On ne peut parler de l’état de notre justice sans revenir sur certaines affaires pendantes qui ont défrayé la chronique au cours de la période passée.

Pour l’affaire Pépin Auguste OUEDRAOGO, elle a connu son épilogue judiciaire. Le Gouvernement marque sa satisfaction pour la manière diligente dont ce dossier a été traité.

Pour les affaires David OUEDRAOGO et Norbert ZONGO, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir afin d’en accélérer le traitement, notamment en plaçant les juges qui s’en chargent dans une position statutaire appropriée et en les mettant dans les conditions matérielles requises.

L’institution de la Commission pour la réconciliation nationale avait pour but de rechercher des solutions à l’ensemble des dossiers non élucidés et de jeter les bases pour une lutte efficace contre l’impunité. Le 22 février 2000, cette Commission a remis son rapport au gouvernement. Les propositions qui y sont contenues constituent une base solide pour la réconciliation nationale. Des initiatives sont en train d’être développées pour leur exploitation et leur mise en œuvre. Le Gouvernement assumera pleinement sa part de contribution pour la réconciliation nationale.

Les douloureux dossiers passés en revue par la commission sont pour la plupart l’héritage des périodes d’exception qu’il nous faut savoir assumer avec humilité et dignité. Mais le plus important est de tourner la page et de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent plus.

Il s’agira notamment de créer les conditions d’une réconciliation nationale véritable et de renforcer la lutte contre l’impunité sous toutes ses formes. Des mesures d’apaisement seront prises et les Institutions de contrôle à tous les niveaux seront renforcées pour combattre la corruption sous toutes ses formes. Dans cette entreprise, la seule volonté du gouvernement ne suffit pas. Les citoyens aussi, individuellement et à travers leurs organisations, devront apporter leur contribution et travailler à la reconversion des mentalités, condition nécessaire à une réconciliation nationale durable.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Notre système administratif a toujours été critiqué et la nécessité de sa réforme toujours affirmée. Au regard de l’enjeu que représente l’administration dans notre stratégie de développement et de consolidation de la démocratie, sa modernisation était devenue un impératif qu’on ne pouvait plus reporter. C’est pourquoi le Gouvernement attache une grande importance à la mise en œuvre des textes de la réforme globale de l’administration publique adoptés par votre auguste assemblée en avril 1998.

L’application des textes de la réforme a démarré depuis l’année 1999 avec notamment le reversement des personnels dans la nouvelle grille de la fonction publique, l’intensification de la formation à l’utilisation des nouveaux outils de gestion dont la parfaite maîtrise est essentielle pour le succès de la réforme. On peut relever également la mise en place en cours des structures de gestion de la bonne gouvernance et de promotion de l’expertise nationale.

Le programme de modernisation de l’administration a par ailleurs été poursuivi, notamment à travers l’exécution du programme d’appui à l’administration qui, dans le prolongement des actions antérieures relatives au circuit de la dépense, a soutenu en 1999 la mise en place de systèmes intégrés respectivement de gestion automatisée des salaires du personnel de l’Etat (SYGASPE) et de la comptabilité de l’Etat. Les prochains efforts porteront sur l’achèvement du processus de rénovation du régime financier de l’Etat et des collectivités locales dans l’objectif de les adapter aux exigences du cadre communautaire de l’UEMOA.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La consolidation de la décentralisation s’inscrit en bonne place au nombre des grands chantiers ouverts pour l’enracinement de la démocratie à la base et la stimulation du développement local. Au cours de la période passée, nos efforts se sont focalisés autour du suivi accompagnement des collectivités locales et sur la mise en œuvre conséquente des Textes d’orientation de la décentralisation. A cet effet, le code électoral a été relu pour porter le nombre de conseillers par secteur communal de 2 à 3. Les mesures nécessaires ont été également prises pour la fixation par la loi des limites territoriales des communes urbaines et l’érection de deux nouvelles communes urbaines à savoir Garango et Bittou.

Par ailleurs, le programme d’appui au démarrage des communes a été poursuivi, avec des réalisations de l’ordre de 1 milliard cinq cent millions de francs CFA pour ce premier mandat municipal. A toutes ces actions, il faut ajouter la tenue à Ouagadougou du 19 au 21 janvier dernier d’un atelier national pour la mise en œuvre des Textes d’orientation de la décentralisation. Je voudrais ici exhorter tous les acteurs de la décentralisation à tout mettre en œuvre pour l’application selon le calendrier prévu de ces textes, dans l’esprit des résultats pertinents de l’atelier. Dans ce sens, je les invite à faire preuve de la même disponibilité pour le succès des ateliers sectoriels et régionaux.

L‘effort de renforcement de la présence de l’Etat sur le territoire national a été également maintenu et s’est traduit par la réalisation d’infrastructures et l’acquisition d’équipements pour un montant global de 1 milliard 88 millions de nos francs.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

A l’instar des autres pays de la sous-région, notre pays reste confronté à la recrudescence de l’insécurité et de la criminalité. Pour y faire face, de nombreuses initiatives sont développées. Celles-ci se sont traduites par la mise en place d’une unité des compagnies d’intervention rapide à Bobo-Dioulasso, la construction de nouvelles Directions provinciales de police, la poursuite du renforcement de la police des frontières, le renforcement des équipements et des moyens humains, notamment par le recrutement et la formation de 670 agents dont 20 commissaires de police, 450 agents de police et 200 gendarmes.

Une importance toute particulière a été accordée à la lutte contre le trafic illicite des stupéfiants et des substances psychotropes dont des quantités significatives ont été saisies au cours de la période écoulée. Parallèlement, des mesures importantes ont été prises pour la lutte contre le grand banditisme, mesures qui auront permis d’appréhender près d’un millier de malfaiteurs et complices, de démanteler des réseaux entiers de banditisme et de récupérer des biens volés évalués à plus de 255 millions de FCFA.

Nous n’aurons de cesse de rappeler que malgré l’abnégation et l’exemplaire dévouement des forces de sécurité, cette lutte ne peut être gagnée sans une participation constante et responsable des populations. Nous devons tous nous y employer.

Au titre de la protection civile, l’année 1999 a été marquée par le parachèvement de l’élaboration du règlement de sécurité contre la panique dans les établissements recevant du public ainsi que le début du fonctionnement de la Commission nationale de sécurité. Cette même période a vu le démarrage des travaux de construction du centre de secours de l’Arrondissement de Bogodogo et le renforcement de la brigade de sapeurs pompiers en moyens humains et matériels.

Quant à nos forces armées, outre la contribution appréciable qu’elles apportent dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, elles ont poursuivi d’autres objectifs comme le renforcement de leurs capacités opérationnelles et leur participation aux missions de maintien de la paix dans le cadre de la MINURCA. Elles ont aussi contribué de façon substantielle au développement socio-économique de notre pays. Il convient enfin de relever la création de l’Ecole militaire technique de Ouagadougou qui est fonctionnelle depuis janvier 2000.

Comme cela a déjà été démontré à diverses occasions, Le Gouvernement pour sa part, sera toujours attentif aux préoccupations des armées pour les aider, dans la limite des moyens disponibles, à mieux accomplir leurs missions.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

S’agissant du climat social, l’année a été marquée par de nombreux conflits du travail tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Le Gouvernement a toujours marqué sa disponibilité pour le dialogue social, ce qui a permis de prévenir et de résoudre bon nombre de ces conflits. Il reste cependant convaincu, dans un contexte marqué par la compétition et le chômage, de la nécessité d’établir de meilleurs rapports entre le monde du travail et le patronat, fondés sur le respect de la législation du travail, la pratique d'un syndicalisme responsable et le sens de la mesure.

Plutôt que d’entretenir des rapports antagoniques, travailleurs et employeurs se doivent de cultiver des relations de partenariat, condamnés qu’ils sont à réussir ensemble ou à échouer ensemble. Cette complémentarité dans le respect des droits de chaque partie est un des principes de base du droit de travail dans notre pays. C’est pourquoi le gouvernement s’emploie à assurer sa large diffusion.

Concernant particulièrement l’exercice du droit de grève, je me dois de souligner que le Gouvernement a toujours marqué sa bonne disposition pour la relecture des textes qui l’organisent. S’agissant singulièrement de la loi n°45/60/AN du 25 juillet 1960 qui régit le droit de grève pour les agents publics de l’Etat, sa relecture nécessaire n’a jusqu’ici pas abouti à cause d’une simple question de procédures qui devrait bientôt être résolu avec la mise en place des organes consultatifs de la fonction publique.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Malgré le fait que, par la force des choses, nous avons consacré une forte énergie à la gestion des dossiers politiques, nous nous sommes préoccupés aussi des autres affaires de l’Etat, notamment l’économie et les secteurs sociaux.

Notre économie a enregistré en 1999 un taux de croissance de 5,8% et, pour la première fois depuis l994, les prix se sont inscrits à la baisse, l’indice harmonisé des prix à la consommation ayant fléchi de 1,1%. Ces résultats sont certes appréciables, mais restent insuffisants pour impulser un développement économique et social durable.

L’objectif du Gouvernement est d’accélérer cette croissance et surtout, de faire en sorte que celle-ci soit davantage perçue par les populations dans leur vécu quotidien. Cela exige une poursuite des réformes structurelles pour parvenir aux mutations indispensables de nos méthodes de production et de nos systèmes de gestion, du marché du travail. Toutes les forces vives de la nation sont concernées et c’est un devoir pour chacun de nous d’y contribuer.

La gestion des finances publiques s’est effectuée en 1999 dans un environnement particulièrement difficile, caractérisé par de nombreuses incertitudes liées d’une part, à la conjoncture nationale, et d’autre part aux perspectives de l’entrée en vigueur de l’Union douanière entre les pays membres de l’UEMOA. Dans un tel contexte, les résultats auxquels nous sommes parvenus, vous en conviendrez, sont très encourageants, en dépit de l’aggravation du déficit des opérations de l’Etat qui a représenté 12,3 % du PIB contre 9,8 % en 1998, en raison principalement de l’augmentation des dépenses d’investissements.

En effet, au cours de l’exercice budgétaire écoulé, les recettes propres ont progressé de 19,6% par rapport à 1998, grâce notamment aux mesures mises en œuvre pour accroître l’efficacité des régies de recettes et renforcer l’efficience du dispositif fiscal. Les réflexions en cours à cet égard sur les régimes d’imposition en vigueur en liaison avec la mise en place des centres de gestion agréés devront permettre d’améliorer à brève échéance le taux de recouvrement de l’impôt.

Les dépenses et prêts nets ont augmenté de 24,6 %, sous la pression des dépenses en capital, notamment celles financées sur ressources extérieures qui se sont accrues de 31,8 % d’une année à l’autre. Les charges courantes ont globalement été contenues dans les limites arrêtées, mais la masse salariale a dépassé de 3,9 % les prévisions, reflétant d’une part, l’incidence du reversement des agents publics de l’Etat dans la nouvelle grille salariale entrée en vigueur à partir du 1er janvier 1999, et d’autre part la revalorisation des salaires pour compter de la même date.

Les actions menées dans le domaine des dépenses ont de nouveau été centrées sur la recherche de l’efficacité des interventions, en s’appuyant sur l’instrument budget–programme qui autorise une gestion par objectif, une programmation plus rationnelle de l’effort à déployer pour leur réalisation et, par conséquent, une réduction sensible de la pression exercée sur les ressources budgétaires.

La poursuite de la formation et de la sensibilisation de tous les acteurs de l’élaboration du budget, conjuguée avec les actions de renforcement des structures de contrôle et la modernisation des systèmes de gestion de l’administration publique, devrait permettre d’améliorer de manière sensible l’exécution de nos programmes de développement et, plus particulièrement, les relations du Trésor Public avec ses partenaires.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Comme je vous l’avais annoncé précédemment, le Burkina devrait bénéficier cette année de la nouvelle initiative d’allégement de la dette dont la portée a été accrue avec la décision prise en juin 1999, au sommet du G7 à Cologne, de relever le niveau d’allégement de 80 % à 90 % du stock de la dette. Depuis l’admission de notre pays à ce mécanisme, le Gouvernement s’est attelé à affiner sa stratégie d’endettement en y intégrant le suivi des fondamentaux de l’économie, dans le cadre de la surveillance des ratios de soutenabilité.

Le Burkina Faso pourra ainsi libérer davantage de ressources pour le renforcement des secteurs sociaux, essentiel pour le succès de son programme de réduction de la pauvreté.

Dans le domaine de la monnaie et du crédit, les données provisoires au 31 décembre 1999 font apparaître un bon comportement d’ensemble des agrégats dont l’évolution sur douze mois est caractérisée par une contraction des avoirs extérieurs nets et un accroissement du crédit intérieur et de la masse monétaire. Cependant, sur les neuf premiers mois de l’année, on note une forte dégradation de la position nette du gouvernement qui s’est néanmoins sensiblement atténuée avec l’accélération de la mobilisation des concours extérieurs au cours du dernier trimestre 1999. Les crédits à l’économie ont augmenté de 4,3 % par rapport à l’année précédente.

L’évolution des comptes extérieurs reste marquée par le déficit structurel de la balance commerciale qui selon les premières estimations, a atteint 216,1 milliards de francs CFA en 1999 contre 183,8 milliards en 1998. Les exportations ont accusé un repli de 18% du fait d’une forte chute des exportations de coton (-30%), liée à la fois à la baisse de la production et à mauvaise tenue des cours à l’exportation. Les importations qui avaient progressé de l’ordre de 25% en 1998 ont été stables en 1999. La tendance défavorable de la balance commerciale et, de façon plus générale du compte courant, pose le problème de la compétitivité et de la diversification de nos produits d’exportation. La solution à ces questions, auparavant sujet de simple préoccupation, est devenue un impératif dans le contexte des mutations actuelles.

Au-delà des comptes extérieurs, le véritable enjeu aujourd’hui est la problématique de la croissance de notre économie. Des réflexions ont été conduites autour de ce sujet brûlant tout au long de l’année 1999. Ces réflexions ont été couronnées par l’organisation courant décembre dernier d’un symposium international sur la diversification des sources de la croissance au Burkina Faso dans le contexte de la régionalisation et de la mondialisation. Ce symposium qui a permis, après un diagnostic des politiques conduites jusque là, d’identifier et d’évaluer les potentialités et les facteurs d’amélioration de la compétitivité et de la croissance de l’économie burkinabè, a ouvert des perspectives encourageantes pour notre pays.

Les défis à relever à cet égard imposent notamment une poursuite des réformes économiques, appuyée par une gestion stratégique de l’aide, une coordination cohérente de nos programmes et une vision prospective du développement économique et social du pays.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La campagne agricole 1999-2000 a été caractérisée par une pluviométrie exceptionnellement abondante qui a occasionné dans une vingtaine de provinces des inondations, préjudiciables à la production végétale. Avec l’installation à partir du mois de juillet d’une pluviométrie relativement régulière et des attaques parasitaires d’une faible intensité, la campagne s’est soldée par des résultats globalement satisfaisants.

Ainsi, la production céréalière a atteint 2.699.900 tonnes, soit un accroissement de 43.200 tonnes par rapport à la campagne précédente qui avait dégagé un excédent de 160.000 tonnes de céréales. Il convient de relever toutefois que des produits comme le riz connaissent des problèmes d’écoulement qui constituent un handicap sérieux à l’amélioration des revenus des producteurs. Des réflexions sont en cours en vue d’appuyer les producteurs et leurs organisations dans la recherche de solutions à la bonne commercialisation de leurs productions.

La situation alimentaire et nutritionnelle est globalement satisfaisante puisque le bilan céréalier dégage un excédent de l’ordre de 442 tonnes. Elle cache cependant de profondes disparités, certaines régions de notre pays, notamment dans le sahel, ayant accusé des déficits importants dont les conséquences ont déjà commencé à se manifester. Aussi, le gouvernement prendra-t-il les mesures nécessaires pour gérer au mieux cette situation.

Quant à la production cotonnière, elle est provisoirement estimée à 260.000 tonnes pour la campagne 1999-2000 contre 285.000 tonnes pour la campagne précédente, soit une baisse de l’ordre de 8,7 % due à l’installation tardive des pluies. La filière fait face ces dernières années à des difficultés qui se posent en termes d’organisation de la collecte de coton graine au plan interne et en terme de compétitivité au plan international. Tout comme pour la filière riz, le Gouvernement s’implique activement dans les initiatives engagées pour trouver des réponses durables aux difficultés du secteur.

Parmi les autres spéculations, les fruits et légumes retiennent l’attention par une production nationale dégageant des surplus pour l’exportation. Le gouvernement est déterminé à soutenir le développement de ce secteur porteur de notre économie. L’occasion de la 5ème journée du paysan prévue à Bagré le 28 avril 2000 sera saisie pour des échanges directs avec les acteurs de la filière, dans le cadre d’un forum qui sera organisé à cet effet.

Le gouvernement poursuit les efforts pour accroître les aménagements hydro agricoles qui revêtent un caractère vital dans l’intensification et la sécurisation de la production agricole, ainsi que de modernisation de celle–ci. C’est dans ce cadre que s’inscrit la continuation des aménagements en aval de Bagré et dans le Sourou, ainsi que le démarrage en janvier 2000 du projet de développement de l’irrigation privée. Ce projet vise, par un investissement de 3,5 milliards de francs CFA, à soutenir les producteurs dans la réalisation et l’exploitation de jardins maraîchers, de petits périmètres, de centres de collecte de fruits et légumes et de conditionnement.

La 5ème édition de la journée nationale du paysan, placée sous le thème "renforcer les organisations des producteurs pour une plus grande professionnalisation des acteurs du développement rural" sera célébrée à Bagré dans le Boulgou le 28 avril prochain. Elle donnera encore l’occasion au gouvernement de se mettre à l’écoute du monde rural, de prendre en compte ses préoccupations et de rendre hommage à son ardeur au travail, à son courage face aux adversités de la nature.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

A la suite de l’élaboration du document d’orientations stratégiques présentant le profil de l’agriculture burkinabè à l’horizon 2010, le gouvernement a adopté en 1999 un plan stratégique comprenant cinq programmes opérationnels et six filières sur lesquels l’Etat intensifiera son effort pour la réalisation des objectifs fixés. Les programmes retenus concernent la fertilité des sols, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la modernisation de l’agriculture, le soutien des producteurs et de leurs organisations et l’appui institutionnel. Les filières privilégiées sont les céréales, le niébé et les tubercules pour ce qui est des cultures vivrières et, pour les cultures d’exportation, le coton, les fruits et légumes et les oléagineux.

Pour une meilleure conduite de sa politique, le gouvernement prévoit l’élaboration d’un cadre de référence pour les investissements dans le secteur agricole pour les acteurs publics et privés.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

L’amélioration de la productivité du cheptel en vue de la satisfaction des besoins nationaux et d’une plus grande compétitivité des productions animales du Burkina sur le marché régional et international sont les principaux défis que nous nous attelons à relever dans le secteur de l’élevage. Au cours de la période écoulée, l’accent a été mis sur le renforcement des infrastructures et services de santé animale et la promotion des industries de soutien à l’élevage.

Dans le cadre du renforcement de la santé animale, un réseau de surveillance épidémiologique pour le contrôle et la lutte contre les maladies animales a été mis en place et les campagnes de vaccination contre les principales épizooties ont été intensifiées, ce qui a permis de toucher des effectifs importants du cheptel et de la volaille.

Un effort important a été déployé pour l’amélioration des races animales avec l’importation d’une quarantaine de zébus du Brésil, qui fourniront des semences en vue de l’amélioration des races locales par croisement. De même, des porcs de race performante en viande ont été importés et mis en reproduction dans la station de Banakélédaga dans la province du Houet.

En vue de soutenir l’augmentation de la production laitière, une laiterie d’une capacité de production de 500 litres par jour a ouvert ses portes à Ouagadougou en 1999. Elle est approvisionnée par 139 éleveurs qui formeront à terme une coopérative.

En matière de soutien à la production animale, on relève outre les dispositions prises pour la réhabilitation de l’abattoir frigorifique de Ouagadougou, la réalisation d’aménagements pastoraux dans le cadre du programme national de gestion des terroirs, qui ont couvert plus de 30.500 hectares, 110 km de couloirs de transhumance et 163 km de pistes à bétail.

Au titre des infrastructures de santé animale, douze parcs de vaccination ont été construits et sept postes vétérinaires ont été érigés respectivement à Zitenga dans l’Oubritenga, Dargo au Namentenga, Thiou au Yatenga, Pouni au Sanguié, Diabo dans le Gourma, Fô dans le Houet et Logobou dans la Tapoa.

Dans le domaine de la pêche, la campagne d’empoissonnement 1998-1999 a touché 39 plans d’eau dans sept régions avec 300.000 alevins et juvéniles. Pour la campagne 1999-2000, ce sont 600.000 alevins et juvéniles qui seront transférés dans une cinquantaine de retenues d’eau.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Le succès de l‘opération ‘’eau potable pour tous’’ qui a permis de réaliser plus de 15.000 forages positifs a autorisé le lancement en 1999 d’un programme d’hydraulique de quartier dont l’objectif est de rapprocher le point d’eau des utilisateurs, avec pour objectif la réalisation d’un forage pour 300 habitants.

Le relèvement d’un tel défi exige la mise à disposition de quelque 8.000 nouveaux points au cours des trois prochaines années. Dans cette perspective, un montant de 4 milliards 467 millions de FCFA a été consacré en 1999 à la réalisation de 432 nouveaux forages, la réhabilitation de 843 ouvrages et la mise en place de 12 mini-adductions d’eau potable. Pour l’année en cours, 2.350 points d’eau sont en cours d’exécution et 2.126 sont en instance de démarrage. Le gouvernement multiplie les efforts en vue de garantir le bon fonctionnement et la pérennité des ouvrages hydrauliques d’exhaure en milieu rural et semi-urbain.

Dans le cadre de l’approvisionnement en eau potable de nos grandes villes qui demeure une de nos préoccupations majeures, le projet d’alimentation en eau de la ville de Bobo-Dioulasso s’exécute de manière satisfaisante, et la réception des infrastructures est envisagée pour le courant de l’année 2000. Le projet ZIGA reste le projet de référence pour le renforcement du système d’approvisionnement en eau de la ville de Ouagadougou. La première phase du projet qui porte sur la réalisation du barrage se déroule convenablement, pendant que se poursuivent les concertations avec les partenaires pour les autres volets.

Enfin, et toujours dans le domaine de l’adduction d’eau potable, un programme de renforcement des systèmes d’approvisionnement de 27 centres secondaires est en cours, pour un investissement global de 12,6 milliards de FCFA.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Au cours de l’année écoulée, le gouvernement a poursuivi sa politique de promotion d’un environnement sain au service du développement. L’adoption des textes d’application du code de l’environnement, la mise en œuvre de la stratégie d’assainissement ainsi que l’élaboration d’une stratégie nationale d’aménagement paysager traduisent la volonté du Gouvernement dans ce domaine et l’effort déployé pour assurer un équilibre écologique.

Ainsi, au titre de la lutte contre les pollutions et nuisances diverses, l’on peut noter le démarrage du projet pilote de valorisation des déchets urbains de Saaba, l’adoption et l’exécution des plans stratégiques de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso et l’élaboration en cours des plans d’assainissement de quatre villes moyennes, à savoir Banfora, Fada N’Gourma, Koudougou et Ouahigouya. En ce qui concerne la gestion des déchets solides ménagers et industriels à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, il convient de signaler le lancement au cours de ce mois de l’appel d’offres pour la construction de décharges contrôlées et des infrastructures annexes.

Pour ce qui est du réseau primaire d’évacuation des eaux usées à Ouagadougou, les travaux devraient démarrer d’ici la fin de l’année 2000, à l’issue des études techniques d’exécution en cours.

L’aménagement de la forêt classée du barrage de Ouagadougou a permis de transformer ce massif forestier urbain en un site de loisirs et surtout un support pédagogique pour l’éducation environnementale des populations. Le montant total des investissements réalisés à ce jour s’élèvent à 1 milliard 200 millions de FCFA.

Dans le domaine de la foresterie, on note le démarrage effectif, dans le cadre du programme de gestion des énergies traditionnelles, du projet pilote portant aménagement de 100.000 hectares. En matière de reforestation, plus de 5 millions de plants ont été mis en terre, dont 3 millions d’acacia Sénégal, 300.000 anacardiers et 160.000 néré, dans le cadre de la promotion des essences utilitaires. Par ailleurs, le projet "front de terre" destiné à endiguer l’avancée du désert continue de s’exécuter de façon satisfaisante avec la participation des populations riveraines.

S’agissant de la lutte contre la désertification, la sensibilisation a touché plus de 44.000 producteurs. Il faut également signaler l’inauguration de l’usine de valorisation des résidus agricoles et de la paille à Boromo. Après la période d’essai, les activités de production commerciale des combustibles vont démarrer incessamment et il est attendu une production de 200 tonnes de briquettes au cours de l’année 2000.

L’année 1999 a été par ailleurs placée sous le signe de la réforme engagée dans le sous-secteur de la faune en 1996. Le renforcement des moyens opérationnels des unités de conservation de la faune et les concertations permanentes avec les concessionnaires des zones de chasse ont permis d’enregistrer des résultats encourageants. En effet, les flux financiers au profit de l’Etat, des opérateurs économiques et des populations riveraines des zones concédées sont passés de 818,2 millions de FCFA en 1995-1996 à 1 milliard 206 millions en 1998-1999.

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les Députés,

Le secteur minier a souffert en 1999 du niveau exceptionnellement bas du cours de l'or sur les marchés mondiaux. Dans ce contexte particulièrement difficile, les actions marquantes du Gouvernement ont concerné la poursuite de la réorganisation du secteur, la mise en évidence et la valorisation des ressources minérales.

Conscient que le développement du secteur est intimement lié à la mise en place d’un cadre attractif, le Gouvernement a entrepris l’élaboration des textes d’application de la loi minière, relatifs aux volets cadastre minier, gestion des titres miniers et fiscalité. Ces textes sont en cours de finalisation.

La recherche minière s’est poursuivie avec l’octroi de quinze nouveaux permis de recherche qui portent à ce jour à 197 le nombre de permis de recherche en cours de validité. Les travaux menés en 1999 ont permis de confirmer les potentialités de certains sites et de mettre en évidence quatre nouveaux gisements aurifères totalisant 150 tonnes de réserves.

Cependant, la situation qui prévalait sur le marché de l’or n’autorisait pas une exploitation rentable des gisements. La suspension des activités de la mine de Poura a entraîné une baisse sensible de la production nationale d’or qui s’est élevée à 895,3 kilogrammes l’année écoulée contre 1.280 kilogrammes en 1998.

Les grands projets miniers, à savoir les projets CEMOB et TAMBAO, ont connu des évolutions diverses.

Le contentieux CEMOB, comme le savez, vient de connaître récemment son épilogue. Le Burkina marque sa satisfaction pour le verdict rendu par le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI), qui lui permet de sauvegarder ses intérêts. Le volet pénal de l’affaire suit son cours au niveau des tribunaux.

Pendant cette longue phase de procédures, la continuité de l’exploitation a pu être assurée grâce à un contrat de location-gérance conclu avec le Comptoir Burkinabè des Métaux Précieux (CBMP). Les sites couverts par ce contrat ont fourni 58 % des quantités d’or collectées par le CBMP en 1999. Le Gouvernement s’attachera dans les prochains mois à la recherche d’un partenaire pour la reprise de l’ensemble du site minier.

Quant au projet TAMBAO, celui-ci enregistre depuis peu des manifestations d’intérêt de la part de nombreux groupes d’investisseurs, qui témoignent de la réalité des potentialités immenses de la région. De ce fait, le gouvernement s’attèle à trouver une issue rapide d’une part, à l’épineux problème d’enclavement de la région, et d’autre part au différend qui l’oppose au partenaire actuel.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans l'optique d'accroître sensiblement le taux d'électrification, le renforcement des capacités de production a été poursuivi. Ainsi, une nouvelle centrale d’une puissance de 14 Mégawatts est en cours d’installation à Kossodo, avec un investissement de l’ordre de 10 milliards de francs CFA. Un premier groupe de 3,8 Mégawatts a été mis en exploitation le 15 mars dernier. Des mesures idoines sont prises pour la mise en service de deux autres au cours du premier semestre de cette année.

De même, la mise en service des infrastructures électriques des villes de Manga, Djibo, Boulsa, Kombissiri, Diapaga, Gorom-Gorom et Houndé est maintenant effective et celle de Bittou est en phase d’essai. D’un coût de 6 milliards de FCFA, cet investissement a permis de porter le nombre de centres électrifiés de 36 en 1998 à 45 en 1999.

Quant aux travaux d'interconnexion avec le réseau électrique de la Côte d'Ivoire, ils sont en cours d'achèvement. Ce projet dont le coût avoisine 21 milliards de FCFA dont 14 milliards à la charge du Burkina, sera opérationnel au courant du premier semestre de cette année, ce qui permettra de renforcer notablement les capacités de production des zones Sud et Ouest du pays. Cet effort sera maintenu les années à venir avec d'une part, la finalisation des projets d'interconnexion Bobo-Dioulasso/Ouagadougou et, d'autre part, l'ouverture de nouveaux centres secondaires.

Le programme d'électrification de 125 chefs-lieux de départements par systèmes solaires photovoltaïques a été poursuivi. Au 29 février 2000, chacune des 55 localités desservies bénéficie d’installations d’éclairage pour les locaux administratifs et les infrastructures scolaires, et de quatre lampadaires pour l’éclairage public. Les structures communautaires, notamment les maternités et les dispensaires, sont équipées de points lumineux et d’installations de réfrigération pour la conservation des vaccins. Outre ces équipements, les centres de loisirs ont reçu du matériel offrant des possibilités de réception d’émissions de télévision et de radio ainsi que de projection vidéo.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine industriel, l’action du Gouvernement a privilégié la mise en œuvre de la stratégie de développement industriel. Dans ce cadre, un important programme visant le relèvement de la compétitivité des industries dans les filières agro-alimentaires, du textile et du cuir a été entrepris en 1999. Ce programme a par ailleurs permis l’identification de 80 projets, dans la perspective de l’organisation d’un forum sur les investissements au Burkina Faso.

Au cours de l’année écoulée, 32 projets ont été agréés aux différents régimes du code des investissements, se traduisant pour l’Etat par un effort financier de l’ordre de 30 milliards sur 5 ans au titre des exonérations accordées.

La politique commerciale conduite par le Gouvernement a pour objectif, au plan extérieur, la réduction du déficit structurel de nos échanges commerciaux. Dans le contexte actuel de globalisation, il s’agit là d’un défi qui ne peut être relevé sans un dynamisme et un professionnalisme accrus des opérateurs du secteur, afin d’offrir des produits diversifiés, de qualité et compétitifs sur les marchés mondiaux.

Au plan intérieur, les priorités du Gouvernement restent la protection du consommateur et l’assainissement de l’environnement du commerce. Dans cette perspective, la surveillance des prix et de la qualité de certains produits sensibles sera renforcée et le Gouvernement veillera au respect des règles de la concurrence à travers notamment l’intensification de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. A cette fin, les consommateurs seront mis à contribution et la commission nationale de la concurrence et de la consommation sera dynamisée, grâce notamment à l’élargissement de sa saisine aux associations de consommateurs.

Dans le domaine de l’artisanat, après la réception provisoire en septembre 1999 des infrastructures du village artisanal, les actions de promotion du secteur se poursuivent à travers les activités traditionnelles d’encadrement par les structures d’appui.

Conscient que l’éclosion de PME/PMI dans le secteur artisanal va de pair avec l’existence d’un cadre institutionnel, législatif et réglementaire attrayant, le Gouvernement a adopté une stratégie de promotion de l’artisanat contenant un plan d’actions dans les divers domaines nécessitant une intervention de l’Etat.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Le Gouvernement s’est par ailleurs investi à rechercher avec le secteur privé des réponses à ses préoccupations, notamment celle concernant la question majeure de la compétitivité dans le contexte de l’entrée en vigueur de l’union douanière dans l’espace UEMOA. Les mesures adoptées en mars 1999 à cet égard et consignées dans le document cadre de stratégie de développement du secteur connaissent un début d’exécution.

Au nombre des actions déjà engagées en faveur du secteur privé, je citerai notamment l’adoption en novembre 1999 d’un plan d’actions pour la relance de la filière fruits et légumes et l’institution d’un mécanisme de gestion tripartite (Etat/patronat/employés) du produit de la taxe patronale d’apprentissage.

Parallèlement, le Gouvernement a poursuivi l’effort d’amélioration du cadre de l’investissement, en procédant à une relecture du décret d’application de la loi n°62/95/ADP du 14 décembre 1995 portant code des investissements, dans l’objectif d’accélérer l’instruction des dossiers de demandes d’agrément grâce à un allégement des procédures, et en renforçant le Centre des guichets uniques, dont les capacités opérationnelles seront accrues avec la création de la Maison de l’entrepreneur sous l’égide de la Chambre de Commerce.

L’ensemble de ces actions ont été entreprises dans un environnement des affaires en pleine mutation, caractérisé par l’entrée en vigueur des textes de l’OHADA. Notre pays est en train d’adapter progressivement son ordre juridique interne à ce dispositif supranational qui couvre l’ensemble des pays africains de la zone franc.

Quant au programme de privatisation, le Gouvernement s’est attelé à accélérer le traitement d’une série de dossiers de liquidation en souffrance depuis plusieurs années et à finaliser des transactions conclues au cours de l’année. On peut signaler à cet égard la clôture des liquidations de FASO YAAR, de la SONACAB, de la SOFIVAR, de l’ONAVET et du CNA, ainsi que des opérations de cessions des parts de l’Etat au capital de la SNTB et de l’INB. Le conseil des ministres a par ailleurs décidé de la liquidation de la SAVANA et de la SONACOR dont la dégradation des situations n’autorisait plus une poursuite viable de l’exploitation.

Des avancées significatives ont également été enregistrées dans la conduite du processus de réforme du secteur des télécommunications, avec notamment l’adoption des textes relatifs à l’autorité de régulation et aux modalités de fixation et de contrôle des tarifs des télécommunications. L’ouverture de la téléphonie mobile à deux nouveaux opérateurs sera bientôt une réalité à l’issue du traitement des résultats des appels d’offre pour l’octroi des licences, dont le dépouillement est intervenu en février dernier.

La gestion des problèmes sociaux issus de la privatisation ou de la restructuration de certaines de nos entreprises publiques (SCFB, SOTRAO, SOREMIB) a également été au centre des préoccupations du gouvernement. L’esprit de dialogue qui a prévalu lors des négociations avec les travailleurs des diverses structures concernées a permis de trouver des solutions consensuelles pour le règlement des divers droits. L’exécution des engagements souscrits à ce titre par l’Etat sera suivie avec attention.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Notre potentiel touristique est important, mais encore peu exploité en raison notamment de la faiblesse de notre capacité d’accueil sur les sites d’intérêt identifiés. Pour y remédier, la politique du gouvernement consiste à encourager les opérateurs économiques privés à investir dans l’hôtellerie à l’intérieur du pays.

L’expansion du secteur touristique est fortement soutenue par le dynamisme des activités culturelles et artistiques, deux domaines dans lesquels notre pays excelle, à en juger par le succès croissant des manifestations de tous genres organisées régulièrement au Burkina Faso. Je voudrais rendre ici hommage aux hommes et aux femmes qui se dévouent corps et âme à la chose culturelle.  Avec bien souvent peu de moyens, ils contribuent grandement à accroître l’attrait de notre pays pour les autres peuples.

Après la mise en place des grands prix nationaux qui sont actuellement à leur 3ème édition, les efforts du gouvernement se concentrent sur la création des conditions d’épanouissement de nos artistes. C’est dans cette perspective qu’une enveloppe budgétaire de 300 millions a été dégagée pour la construction du siège de la Semaine Nationale de la Culture. Il convient de relever également la mise à la disposition des artistes d’une salle de représentation au siège du Centre national des arts, du spectacle et de l’audiovisuel et d’infrastructures d’accueil sur le site de Laongo.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Au cours de la période écoulée, les efforts consentis pour l'amélioration de notre réseau routier ont été accompagnés par des actions de sécurité routière, d'amélioration de la qualité des prestations et de renforcement de l'administration des transports routiers. C'est dans ce cadre que s'inscrivent notamment la réforme du système du permis de conduire et la sensibilisation des usagers de la route sur la prévention, la sécurité routière et la pollution générée par les transports motorisés.

D'autres actions en cours de réalisation ou qui démarreront au cours de cette année permettront d'améliorer l'efficacité du sous-secteur et d'adapter notre réglementation au contexte sous régional et au contexte global de libéralisation. Il s'agit principalement du renforcement du CCVA dont une antenne verra prochainement le jour à Bobo-Dioulasso et de la construction d'un centre d'éducation routière.

Pour tirer pleinement avantage de sa position centrale dans l’espace sous régional, le Burkina doit développer en priorité son infrastructure de transports. A cet effet, le Gouvernement poursuit l’effort de construction, de réhabilitation et d’entretien des routes pour parvenir d’une part, à une meilleure desserte des 45 provinces et des 350 chefs-lieux de départements, et d’autre part, à l’amélioration de nos liaisons avec les pays voisins.

A l’issue du processus de reclassement en cours, le pays affichera 29 routes nationales d’une longueur de 6.697 km,  36 routes régionales longues de 3.581 km, 152 routes départementales d’une longueur de 4.766 km, soit un réseau de 15.045 km au total.

En matière de construction de routes, il faut signaler au titre des routes bitumées, l’achèvement au cours de la période écoulée des travaux relatifs à l’axe Bobo-Orodara-Frontière du Mali et le lancement de ceux de la route Pâ-Dano-Diébougou-Gaoua-Kampti-Frontrière Côte d'Ivoire. Les efforts se poursuivent pour boucler le financement du projet de bitumage de la route Ouaga-Léo-frontière du Ghana dont les travaux de la première tranche démarreront, je l’espère, avant la fin de cette année. S’agissant des routes en terre, je voudrais signaler que des efforts seront entrepris pour améliorer la praticabilité des routes Ouagadougou-Namassa-Yilou et Boulsa-Tougouri.

En ce qui concerne les réhabilitations, je voudrais porter à votre connaissance que les travaux de réfection de la route Ouaga-Boromo sont rentrés dans leur phase active en 1999. Le démarrage des travaux du tronçon Boromo – Bobo devrait intervenir cette année. Pour les routes en terre, l’effort a été porté sur les tronçons Boulsa-Pouytinga, Klesso-Diébougou, Séguénéga-Tikaré-Kongoussi et Yako-Koudougou-Sabou.

Les travaux d’entretien périodique seront intensifiés dès cette année afin de renforcer notre réseau routier. Seront privilégiés dans ce cadre, s’agissant des routes bitumées, les axes Ouaga-Yako, Ouaga-Koupéla, Koupéla-Piéga, Sakoinsé-Koudougou et, pour les routes en terre, les tronçons Pô-Kombili-Nébou, Ouahigouya-Séguénéga, Kaya-Pibaoré et Yilou-Bourzanga.

Le Gouvernement accorde également une grande attention à la construction et à l’entretien de pistes rurales dont la longueur actuelle avoisine 46.000 km. Des réflexions sont en cours pour définir les modalités de la prise en charge de l’aménagement de ce réseau. Par ailleurs, une étude de faisabilité pour la construction de nouvelles pistes selon des techniques à haute intensité de main d’œuvre est en voie d’achèvement. Dans ce cadre, des chantiers pilotes ont été conduits dans les provinces du Kadiogo et du Bazéga.

Quand aux aménagements des voiries urbaines à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, les travaux engagés dans le cadre du 3ème projet urbain, d’un coût de près de 5 milliards de francs CFA, sont achevés. Les projets d’aménagement à court terme concernent le Canal de Zogona à Ouagadougou et le marigot du Houet à Bobo-Dioulasso.

Les autres sous-secteurs des transports, à savoir les transports ferroviaire, aérien et maritime, ont également bénéficié d’interventions multiformes, visant essentiellement le renforcement des infrastructures ou de l’efficience de leur fonctionnement.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans notre souci permanent d’améliorer l’accès des populations à des logements décents et à coûts abordables, le Gouvernement concentre ses efforts sur la relance de l’activité de construction, la viabilisation des grands domaines urbains et ruraux ainsi que l’encouragement de la promotion immobilière.

Parmi les projets réalisés durant la période écoulée dans le domaine de la gestion foncière en zone urbaine et semi-urbaine, je voudrais souligner tout particulièrement le levé d’état des lieux de 19 centres, l’élaboration de plans de lotissement de 27 centres et du schéma directeur d’aménagement urbain de 7 chefs-lieux de provinces et la viabilisation de 3.805 parcelles.

Dans le domaine de la construction, le Gouvernement poursuit le renforcement du cadre réglementaire de l’acte de bâtir, l’appui technique à la réalisation des bâtiments, la promotion des matériaux locaux à travers la réalisation de chantiers témoins, la formation des artisans et des ouvriers et l’encadrement des PME. La décision prise en conseil de ministres en décembre 1999 de créer une banque de l’habitat traduit la volonté du gouvernement de mettre en place un mécanisme de financement adapté du logement dans notre pays.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Les moyens de communication de masse jouent un rôle essentiel dans le renforcement de la démocratie et leur contribution au développement économique et social est indéniable. Le processus d’érection de la Radio et de la Télévision nationale en office permettra une plus grande dynamisation de ce secteur dans les années à venir.

Afin de faire rayonner la voix du Burkina tant à l’intérieur qu’au-delà de nos frontières, une dotation de 1 milliard de FCFA a été prévue dans le budget 2000 pour l’acquisition d’un émetteur radio de 100 kilowatts en ondes courtes d’un rayon de 1500 kilomètres.

Fidèle à son engagement de soutenir l’émergence de médias privés crédibles, l’Etat a reconduit la subvention de 100 millions de francs CFA à la presse privée. Je voudrais à l’occasion féliciter l’ensemble des acteurs des médias privés et publics dont la très grande diversité des titres confirme l’existence de la liberté de presse au Burkina.

Le secteur des télécommunications poursuit son expansion. Notre pays possède un réseau numérisé à 90 %. Ce taux sera porté à 98 % au terme de la numérisation des centraux téléphoniques de Kaya, Dori et Banfora. Un programme d’installation de réseaux et d’équipements de télécommunication est en cours dans 31 localités.

Le développement des nouvelles technologies de communication et de l’information a permis en 1999 d’étendre nos moyens d’accès à l’international.

Dans le domaine postal, je voudrais signaler l’achèvement de la construction des bureaux de poste de Séguénéga, Kongoussi et Boussé. Les travaux d’exécution de celui de Dédougou sont en cours.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Nous n’aurons de cesse de clamer l’importance des secteurs sociaux pour le gouvernement. Au cours de la période écoulée, nous leur avons accordé à l’instar des années antérieures une attention soutenue.

Dans le domaine de l’éducation, le Gouvernement a maintenu son effort pour accroître l’offre et améliorer la qualité de celle–ci à tous les niveaux.

S’agissant de l’éducation de base, la période écoulée a enregistré l’ouverture de 879 nouvelles classes, ce qui a permis un accroissement de 5% des effectifs. Ce résultat reste certes très en deçà des objectifs de notre plan décennal, mais il devrait s’améliorer rapidement avec le démarrage du volet infrastructures scolaires de ce plan.

Pour pallier l’insuffisance des infrastructures et des ressources humaines, le système des classes à double flux et des classes multigrades a été étendu. L’ensemble de ces efforts a permis entre 1996 et 1999 de relever le taux brut de scolarisation de 35,7% à près de 41 %.

Parallèlement, la mise en œuvre de programmes spécifiques en faveur de la scolarisation des filles a permis de relever de 38,9% à 40,4 % la proportion des filles dans les effectifs et de réduire l’écart entre les taux de scolarisation des deux groupes. Dans la même optique d’amélioration de l’offre d’éducation, le Gouvernement a procédé au recrutement de 200 instituteurs adjoints, 1400 élèves–maîtres et 182 enseignants des écoles satellites.

En matière d’alphabétisation, on note également un accroissement sensible du nombre de centres permanents d’alphabétisation initiale qui passe de 3.900 à 4.218. Cette activité est en cours d’évaluation pour permettre d’améliorer nos stratégies.

En ce qui concerne le secondaire, l’année scolaire 1998–1999 a enregistré l’ouverture de 18 nouveaux CEG, et la transformation de 5 CEG en lycées départementaux. Le nombre des établissements d’enseignement technique et professionnel s’est accru avec l’ouverture de deux lycées professionnels respectivement à Bobo et Fada. Cet effort, conjugué à un engagement croissant du secteur privé, a permis de relever le taux de scolarisation dans le secondaire de 11,02 % en 1997-1998 à 11,14 % en 1998-1999.

Pour l’année 2000, la priorité est accordée aux régions à faible taux de scolarisation à travers un mouvement de déconcentration des structures d’administration de l’enseignement secondaire. Par ailleurs, les capacités du Centre de formation féminine et artisanale de Ouagadougou seront accrues dès la rentrée 2000 grâce à l’extension de ses infrastructures par la construction d’ateliers et de salles de classes complémentaires.

Au niveau de l’enseignement supérieur, les différents établissements ont bénéficié d’un renforcement de leurs infrastructures et équipements, dans le double objectif d’accroître leurs capacités d’accueil et d’améliorer les conditions de travail et de vie des étudiants. Par ailleurs, de nouvelles filières ont été introduites à l’Université polytechnique de Bobo-Dioulasso  (Ingénieur Informaticien, socio-économie rurale, 3è cycle en sciences agricoles).

Nous demeurons conscients que des efforts importants restent à fournir pour satisfaire les besoins immenses, somme toute légitimes, des étudiants, notamment en matière de locaux, d’enseignants et d’aides diverses. Il ne serait que justice cependant de reconnaître la volonté constante du gouvernement d’agir dans ce sens, volonté qui s’est traduite en 1999 entre autres par l’élargissement des bénéficiaires du FONER et l’aboutissement du projet de création de la mutuelle de santé. L’ENSK a également bénéficié d’un effort conséquent.

Tout en continuant d’accorder une attention particulière à la formation des enseignants et de leurs encadreurs, le gouvernement a réalisé des actions spécifiques en direction des élèves et étudiants, dans le but d’améliorer la qualité et la pertinence de notre système éducatif. Ainsi, 1.400 élèves–maîtres et 200 instituteurs adjoints certifiés ont été admis dans les ENEP en 1998–1999 et la distribution gratuite de près de 2,5 millions de manuels scolaires a été reconduite au primaire.

L’enseignement secondaire a également bénéficié d’une distribution gratuite de plus d’un million de livres, dont 320.000 pour le privé. Par ailleurs, 80 mallettes pédagogiques ont été acquises au profit de divers établissements publics et des recrutements de 400 professeurs, 30 conseillers pédagogiques et 15 inspecteurs ont été opérés.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En ce qui concerne l’autre volet important des secteurs sociaux que constitue la santé, le fait majeur de la période écoulée aura été sans aucun doute la tenue en juin 1999 des états généraux de la santé. Ceux-ci ont permis d’identifier les insuffisances de notre système sanitaire et d’esquisser des orientations idoines pour l’élaboration du Plan national de développement sanitaire et la révision de la politique sanitaire nationale. Le Gouvernement a par ailleurs poursuivi l’amélioration du cadre institutionnel dans le domaine de la santé de la reproduction, dans le domaine pharmaceutique et celui de la promotion de la gestion participative des services de santé.

L’action du Gouvernement a visé en outre le renforcement du parc des infrastructures socio–sanitaires de base (CSPS, CM et CMA) et des équipements, le démarrage des travaux de construction du laboratoire national de santé, ainsi que la mise en service du scanner au centre hospitalier national de Ouagadougou, en attendant la réception de celui destiné au centre hospitalier national de Bobo. Quant à l’unité d’hémodialyse, elle sera bientôt opérationnelle à l’hôpital de Ouagadougou. Parallèlement, l’effort budgétaire en faveur de la prise en charge immédiate des malades admis en urgence a également été maintenu et des mesures sont prises pour améliorer le dispositif, au regard des insuffisances constatées dans sa mise en œuvre.

La mise en place projetée du Service d’Aide Médicale d’Urgence (SAMU) à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso d’une part, et de systèmes d’alerte en milieu rural d’autre part, répond à un souci de prendre en charge l’urgence là où elle apparaît.

La mise en œuvre de notre politique d’approvisionnement en médicaments essentiels génériques a été poursuivi et la CAMEG a par ailleurs étendu la gamme de ses produits aux anti–rétroviraux, en appui à l’effort gouvernemental de renforcement de la lutte contre le VIH/SIDA, qui comporte également un important volet de sensibilisation soutenu par différentes ONG et associations.

Selon les estimations, le taux de séropositivité oscille entre 6 et 8 %, la frange jeune de la population étant la plus touchée. La disponibilité des anti-rétroviraux est à saluer, mais leur coût reste encore hors de portée de la plupart des malades. C’est pourquoi le gouvernement met l’accent sur la lutte contre les affections opportunistes afin de soulager les malades.

Tout en saluant ici l’appui multiforme de nos partenaires dans la lutte contre la pandémie, nous tenons à souligner que cette lutte ne sera gagnée que si elle est menée dans un cadre multisectoriel.

Quant au programme élargi de vaccination, les actions menées en 1999 ont permis d’améliorer sensiblement le taux de couverture vaccinale des enfants de 0 à 5 ans contre la poliomyélite et la rougeole.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine de l’action sociale et de la famille, on note le renforcement au cours de l’année écoulée des capacités opérationnelles des structures d’intervention en faveur des groupes vulnérables et le développement d’actions spécifiques orientées vers des groupes cibles. Concernant ce dernier aspect, je voudrais mentionner tout particulièrement l’effort déployé avec l’appui de nos différents partenaires pour faire face à l’afflux massif de compatriotes déplacés de Côte d’Ivoire à la fin de l’année 1999.

L’action en faveur de l’enfant s’est traduite notamment par la construction d’une dizaine d’espaces communautaires dans trois provinces, la distribution gratuite de fournitures scolaires à 3000 élèves nécessiteux et la sensibilisation des adultes aux droits de l’enfant.

S’agissant de la promotion de la femme, il s’est agi au cours de la période écoulée de poursuivre les efforts entrepris en vue d’améliorer l’accès de la femme aux services essentiels et aux moyens de production, et d’œuvrer à sa meilleure participation à la vie de la nation, et ce à tous les niveaux. Nous sommes attentifs à leurs préoccupations et nous ne ménagerons aucun effort pour contribuer à leur trouver des réponses idoines.

La lutte contre l’exclusion et la protection des personnes âgées ont également figuré au rang des priorités gouvernementales. C’est ainsi que dans le cadre de l’insertion sociale, des jeunes en difficultés ont été placés dans des structures d’encadrement et des structures caritatives ont bénéficié d’appuis divers.

Le gouvernement a également tenu à manifester sa solidarité envers les groupes vulnérables en s’impliquant dans la célébration des journées internationales des personnes handicapées et des personnes âgées. C’est dans cette même optique que s’inscrit la revalorisation de 2 à 4 %, avec effet rétroactif pour compter du 1er janvier 1999, des pensions de retraites servies aux agents publics de l’Etat.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La lutte contre le chômage, notamment celui des jeunes diplômés, constitue l’une des priorités du Gouvernement. Les réflexions, qui se sont poursuivies depuis la tenue des états généraux de l’emploi, alimentent le processus d’adoption de la loi d’orientation de l’emploi en cours. Cette loi viendra consolider les différentes stratégies visant la réforme du système de formation professionnelle, en vue d’améliorer la qualité de la main d’œuvre et l’adapter aux besoins du marché. Par ailleurs, nous avons entrepris l’aménagement des instruments et mécanismes de financement de l’emploi ainsi que du cadre législatif et réglementaire, en vue d’alléger les procédures et donner une orientation incitative à notre politique de l’emploi.

S’agissant de l’aménagement du cadre législatif et réglementaire, des efforts sont déployés en vue du renforcement de la coopération tripartite Etat - employeurs – travailleurs, la relecture du code du travail, l’élaboration d’une politique nationale de sécurité et de santé du travail, la mise en place d’un système mutualiste.

Les divers fonds spécifiques mis en place pour appuyer la politique de l’emploi ont assuré le financement de 800 promoteurs, contribuant à la création de 1750 emplois nouveaux. L’Etat, malgré ses moyens limités, a par ailleurs contribué à la consolidation de l’emploi public à travers le recrutement de 3 353 agents par concours directs.

Les actions de formation des jeunes aux activités rurales et artisanales ont été poursuivies, à travers notamment le programme d’installation de jeunes filles en milieu rural et les activités du Centre d’évaluation et de formation professionnelle de l’ONPE dont le renforcement est en cours.

Afin de mieux cibler sa politique en faveur de l’emploi, le Gouvernement a entrepris de renforcer le dispositif d’évaluation des différentes actions. Le projet de création d’un observatoire de l’emploi s’inscrit dans cette perspective.

Notre jeunesse, confrontée aux dures réalités du chômage, souffre également de l’insuffisance de cadres d’épanouissement, principalement à l’intérieur du pays. Ceci explique pour une large part le développement de la délinquance juvénile.

La nomination d’un Secrétaire d’Etat à la Jeunesse en janvier 1999 traduit la volonté du Gouvernement de s’attaquer à ces problèmes de manière cohérente. Les nouvelles initiatives prises depuis lors ont été centrées sur la promotion de l’auto – emploi des jeunes et la recherche des meilleurs instruments de financement de leurs activités. Parallèlement, un vaste programme de construction ou de rénovation des maisons de jeunes et de la culture a été entrepris dans les 45 chefs – lieux de province. Ces structures seront convenablement équipées pour répondre aux besoins des jeunes.

Afin d’élargir l’horizon de notre jeunesse pour la mettre en phase avec les mutations de l’environnement mondial, nous avons continué d’encourager les initiatives de rencontres et d’échanges avec des jeunes d’autres pays.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière de sport, je voudrais souligner les bonnes performances de nos étalons cadets à la CAN 99 de la catégorie, qui leur ont valu de participer à la coupe du monde en Nouvelle Zélande. Le gouvernement tient à renouveler ses félicitations aux joueurs. Nous saluons tous les autres acteurs ayant contribué à ce succès et souhaitons qu’ils maintiennent le même élan pour les échéances futures, notamment celles qui attendent les étalons seniors. Concernant ces derniers, le gouvernement tirera toutes les leçons des insuffisances constatées au cours de la CAN 2000 pour asseoir, en relation avec les partenaires concernés, les conditions pour de meilleures prestations à l’avenir.

Il me plaît également de relever le rayonnement croissant du Tour Cycliste du Faso dont la 13è édition en 1999 a connu la participation de 14 équipes dont 12 d’origines étrangères. Nous tenons à dire que nous avons été fiers de la prestation de nos cyclistes qui a été des plus honorables et nous tenons à leur prodiguer nos encouragements à persévérer dans l’effort pour être toujours parmi les meilleurs. Ils viennent encore récemment de s’illustrer au tour du Mali et nous leur adressons nos plus vives félicitations.

Enfin, je ne saurai clore ce chapitre sans saluer les progrès notables des autres disciplines sportives, en particulier les sports de main qui connaissent un engouement croissant ces dernières années, à la faveur notamment de l’organisation de la coupe du parc. A la suite de Son Excellence le Président du Faso, je voudrais réaffirmer à l’attention de l’ensemble des amateurs de ces disciplines et des arts martiaux la disposition du gouvernement à rechercher les voies et moyens pour développer la pratique de leur sports favoris, en mettant en place un minimum d’infrastructures. L’initiative de construction d’un stade omnisports couvert à Ouagadougou s’inscrit dans cette démarche.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La marche vers l’intégration a connu un bond qualitatif en ce début d’année. Les événements majeurs à cet égard auront été sans conteste l’entrée en vigueur du Tarif extérieur commun de l’UEMOA et les avancées constatées vers l’institution d’un passeport CEDEAO, l’accélération du processus d’instauration d’une monnaie commune entre les pays de cette communauté et la réaffirmation de la volonté de réaliser l’unité africaine, exprimée lors du Sommet de Syrte en Libye en septembre dernier.

Notre pays s’est activement impliqué dans les discussions ayant contribué à cette évolution, convaincu qu’il a toujours été que l’intégration est la voie obligée pour la survie de nos Etats et pour le progrès durable de nos populations. Fort de cette conviction, nous avons, sur le plan interne développé de nombreuses initiatives concourant à obtenir l’adhésion active des acteurs nationaux à la cause de l’intégration et à les préparer à la compétition. Nous devons cependant reconnaître les limites objectives de cette démarche et travailler à les surmonter. En effet, les populations ne croient et n’adhèrent à l’intégration que si elles observent une adéquation entre les principes et les réalités sur le terrain, c’est-à-dire une pleine application par tous les Etats membres des engagements souscrits. Or force est de constater des défaillances dans la mise en œuvre de certaines mesures communautaires. Ceci constitue un défi pour tous les acteurs de l’intégration.

Quant à notre politique étrangère, sa philosophie de base a toujours été l’ouverture vers les autres Etats sans aucune discrimination, le maintien de la paix dans le monde par le dialogue et la justice, la mise en œuvre d’un système de coopération respectueux de la souveraineté des Etats et mutuellement avantageux.

Sur le plan continental et sous régional, notre diplomatie s’est préoccupée du respect du principe de la libre circulation des personnes et des biens ainsi que du maintien de la paix sociale entre les Etats et à l’intérieur des Etats. Aussi, nous saluons les efforts que déploient les autorités ivoiriennes pour sécuriser nos compatriotes séjournant ou résidant en Côte d’Ivoire et pour le règlement de la situation de ceux qui ont été déplacés de la zone de Tabou.

Ayant assumé la présidence en exercice de l’OUA, notre pays a contribué et continue d’apporter sa contribution pour le règlement des conflits en République démocratique du Congo et entre l’Ethiopie et l’Erythrée.

Nous nous félicitons également que, grâce au dialogue, la paix soit revenue en Sierra Leone sur la base des accords de Lomé ainsi qu’en Guinée Bissau.

Sur le plan mondial, notre diplomatie a apporté sa contribution à l’animation de la vie internationale. C’est ainsi que nous avons participé activement au 8è sommet de la Francophonie qui s’est tenu à Moncton au Canada du 2 au 5 septembre 1999. A l’issue de ce sommet, le Burkina Faso a obtenu le soutien de la quasi – totalité des pays membres pour abriter le sommet de l’an 2003. Ceci est un grand honneur pour notre pays.

Dans le même registre, notre capitale abritera, en décembre 2000, la conférence sur les investissements miniers en Afrique ainsi que la douzième conférence des parties au protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone.

Au total, notre pays continue à bénéficier de l’estime et de la considération de ses partenaires. Il s’agit là d’une réalité qui doit faire la fierté de tous les Burkinabè et je demande à l’ensemble des filles et des fils du Burkina Faso de sauvegarder et renforcer cet acquis essentiel.

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les Députés,

De l’exposé que je viens de vous présenter, il ressort que l’année 1999 a été une année d’avancées majeures tant sur le front du combat pour la consolidation de la démocratie que sur celui de l’amélioration de l’état général de notre économie et le progrès social. Elle a vu monter au premier plan les préoccupations liées au renforcement du processus démocratique, à l’instauration d’une justice impartiale et crédible ayant la confiance des justiciables.

En réponse, Le Gouvernement s’est efforcé et se montre toujours disponible pour répondre à ces différentes attentes. On remarque ainsi qu’une grande partie de ses efforts a été focalisé autour de la gestion des dossiers relatifs à ces préoccupations.

Les réformes opérées et les actions en cours sont des sources d’optimisme pour un avenir meilleur. Qu’il me soit permis de rappeler ici que la principale force de notre pays réside dans la qualité de ses filles et de ses fils, dans le courage de son peuple dans le travail et dans son attachement profond à la paix, à la tolérance, à la justice et à la solidarité. Ces valeurs, nous les avons reçues en héritage des générations passées et des élites politiques qui se sont succédé à la tête de ce pays. Tout en rendant hommage à ces devanciers, je voudrais inviter tout un chacun à cultiver et à vivifier ces valeurs pour que nous les léguions à notre tour aux générations futures. Le Gouvernement reste convaincu que c’est seulement dans le dialogue, la concertation et la volonté partagée de sauvegarder les intérêts supérieurs de notre pays que nous parviendrons à conjuguer positivement nos différences et notre enrichissante diversité.

M’adressant particulièrement à notre jeunesse, je voudrais la rassurer de la place centrale qu’elle occupe dans les préoccupations du Gouvernement. Les ambitions que nous nourrissons pour le Burkina de demain et dont elle doit être le porte flambeau, exigent de sa part un sens aigu des responsabilités et une abnégation au travail.

En ce qui concerne la gestion de notre économie, le Gouvernement reste conscient que les efforts se doivent d’être poursuivis pour que la croissance produise des effets au niveau du panier de la ménagère. Je voudrais également réitérer mon appel aux opérateurs économiques pour qu’ils tirent les conséquences de l’intégration et de la mondialisation en réalisant les adaptations indispensables. Ils doivent s’orienter vers des synergies et des regroupements pour être à même de faire face à la concurrence qui est plus externe qu’interne.

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les Députés,

Je ne saurai terminer mon propos sans renouveler mes vifs remerciements à toutes les couches vives de notre pays et solliciter le soutien de tout un chacun pour la poursuite de l’œuvre de construction nationale.

Vive le Burkina Faso

Je vous remercie de votre attention.


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Fin de la concertation Collectif-Gouvernement

Le premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo a conduit en personne la délégation gouvernementale qui a eu la séance de concertation avec le collectif des organisations de masses et de partis politiques tenue au premier ministère du 11 au 15 mai 2000.

Pendant près de 14 heures , le collectif conduit par Halidou Ouédraogo, président du MBDHP a discuté avec le gouvernement de sa plateforme politique.

Les deux parties ont adopté un rapport dont le contenu n'a pas été rendu public et qui sera transmis au chef de l'Etat. Le président Blaise Compaoré recevra de nouveau à son tour le collectif autour des résultats de ce rapport.

C'est la première fois depuis le début de la tension politique dans le pays, déclenchée par l'assassinat du journaliste Norbert Zongo que le gouvernement et le collectif échangeaient face à face sur la plateforme de l'opposition dite radicale.


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REUNION DE HAUT NIVEAU SUR LE COMMERCE ELECTRONIQUE ET LA FISCALITE EN AFRIQUE

LE MESSAGE DU PREMIER MINISTRE KADRE DESIRE OUEDRAOGO

Le Premier Ministre, Monsieur Kadré Désiré OUEDRAOGO invité spécial du secrétaire exécutif de la CNUCED a prononcé un important discours sur le commerce électronique et la fiscalité le jeudi 26 octobre à Abuja, capitale du Nigeria devant plusieurs ministres et hauts fonctionnaires chargés du commerce en Afrique. La réunion organisée au siège de la CEDEAO par la CNUCED et l’organisation économique sous – régionale africaine s’est penchée sur un thème à la pointe à l’heure de la mondialisation. A cette occasion le Premier Ministre a livré aux participants un message d’une portée très pertinente sur la problématique du commerce électronique et la fiscalité sur le continent africain – ci – dessous l’intégralité de la communication de Monsieur Kadré Désiré OUEDRAOGO.

Monsieur le Secrétaire Exécutif de la CNUCED,

Distingués Invités,

Je voudrais, avant de partager avec vous notre vision sur le thème qui nous réunit dans cette belle cité - capitale d’ABUJA, remercier les autorités nigérianes pour l’accueil chaleureux réservé à moi même et à ma délégation. Je voudrais également remercier la CNUCED de m’avoir convié à cette rencontre de la plus haute importance sur un sujet de préoccupation mondiale.

Permettez–moi également d’exprimer la joie et l’émotion qui sont miennes au moment où je me retrouve dans cet immeuble, au sein de cette CEDEAO à laquelle des liens particuliers m’attachent. Merci au Secrétaire Exécutif de la CEDEAO et mes vœux de succès à tous mes anciens collègues.

Cela dit, Distingués Invités,

Le développement du commerce mondial ainsi que celui des nouvelles technologies de l’information sont deux faits majeurs indissociables qui caractérisent l’ère de la globalisation des économies. En effet, le développement des infrastructures de communication a permis d’établir des liens rapides et plus étroits entre les acteurs du commerce mondial, autorisant ainsi de franchir plus facilement les limites géographiques des Etats. Internet a donné au commerce un cadre immatériel pour son expansion.

Ce constat ne signifie nullement que les Etats ont un rôle passif à jouer dans le processus. L’échec des dernières négociations de Seatle dans le cadre de l’OMC a révélé clairement combien la question des échanges commerciaux est devenue un enjeu important pour les Etats, lesquels doivent désormais jouer un rôle d’accompagnateur des acteurs privés par la mise en place d’un dispositif juridique et institutionnel propice au développement des échanges extérieurs. La nécessité pour l’Afrique de participer pleinement aux grandes discussions ayant des implications sur l’évolution du commerce mondial n’est plus à démontrer.

Mesdames et Messieurs,

Si le retard technologique actuel de l’Afrique fait que certaines questions de portée mondiale ne se posent pas actuellement avec acuité dans nos Etats, l’expérience récente montre que l’élargissement des canaux de transmission commande de la part des décideurs une anticipation de certaines questions pour réduire le risque de marginalisation croissante du continent. C’est dans cette perspective que le débat actuel sur le commerce électronique prend tout son sens dans les instances africaines. L’Enjeu étant ici d’utiliser au mieux les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication pour renforcer le positionnement du continent africain dans le commerce mondial.

Tout comme la mécanisation a été l’instrument fondamental du processus de mutation des sociétés agricoles en sociétés industrielles, les nouvelles technologies de l‘information et de la