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L’histoire précoloniale

[La période des anciens] [La phase d’émergence de systèmes sociaux à formations politiques étatiques]


La période des anciens

Cette période est historiquement nébuleuse, parce que les données connues sont parcellaires et rares, et aussi parcequ'elles n’ont pas fait l’objet de preuves écrites contemporaines. Elle s’étale de la fin de la préhistoire jusqu’au XIIè siècle.

Mais, c’est pendant cette période que se sont développées les cultures matérielles, preuves d’une civilisation élaborée que l’on attribue à des groupes qualifiés d’anciens à cause de leur fixation très ancienne par rapport aux peuples actuels.

De plus, l’examen pointu des traditions orales permettent de distinguer, selon l’antériorité de la fixation, des peuples qui se sont établis avant le XIIè siècle.

Il s’agit de sédentaires et de pasteurs qui étaient organisés en système sociaux autonomes. Leur tradition ne leur reconnaît pas la création de grands ensembles, mais leur attribue des origines et/ou suggère parfois leur provenance.

Selon la répartition géographique on trouve :

  • A l’Ouest, les Bobos qui seraient arrivés par vagues successives entre le X et le XII siècle. Leurs foyers originels se situeraient aux confins du Mali actuel et / ou de la Guinée actuelle. Ils sont apparentés aux Bwaba, souvent par les patronimes et partagent aussi parfois les mêmes traditions orales.
  • Plus à l’Ouest, il y a les Sénoufos que l’on trouve de part et d’autres, dans     les régions du Mali et de la Côté d’Ivoire actuelle.
  • Au centre : il y a des peuplements très anciens constitués de Nonyoosé ou Nioniossé, les Ninsi qui très tôt ont perdu leur véritable autonomie d’organisation; Ils seraient apparentés aux Samo.

Des  groupes sociaux  ont gardé leur autonomie d’organisation jusqu’à la veille de la colonisation :

  • Il s'agit des différentes composantes sociales appelées Gourounsi. On les trouve également au Centre Ouest et au Sud : Lyélà, Ko, Kassena, Nakana, Puguli, Kussace, Nuna, Sissala. Ces deux dernières composantes sont beaucoup plus représentées au Ghana actuel.
  • Au Centre–Est et au Sud se trouve les Bissa ou Boussancé d'origine mandé.
  • Au Nord-Ouest : les Dogons qui constituaient un des peuples les plus anciennement connus. Ce peuple a fait l’objet et d’une forte migration à partir du XII siècle et se sont réfugiés, en grandes parties dans les falaises de Bandiagara (Mali actuel). Dans cette région, on distingue également les Kurumba comme ancien peuplement.

Ces groupes se distinguaient par des langues spécifiques ; leurs rapports avec les divinités de la nature étaient très vivaces. Nombre d’entre eux avaient un esprit très indépendant. Ils ne vivaient pas totalement en autarcie, leurs territoires étaient traversés par des routes commerciales qui mettaient les populations en relation. Certaines ont créé des relations de parentée à plaisanterie connue chez les Gourounssi et les Bissa. Des échanges basés notamment sur les animaux, les céréales, l’or, les épices et les étoffes  étaient pratiqués.

 


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La phase d’émergence de systèmes sociaux à formation politiques étatique

Elle s'étale du XII au XVIIè siècle. Ce fut une période de grandes migrations, et surtout de bouleversement politiques sur lesquels se fondent les traditions majeures actuelles.

Les Moosé ou Mossi                               

Nous avons des traces écrites sur l’histoire des moosé grâce aux sources Arabes : Ta'rikh-al sûdãn et Ta’rîh-al fattãsh. Ils nous renseignent sur des groupes  mosse qui au XIIIè siècle ne s’étaient pas encore fixé sur le territoire actuel du Burkina Faso, et par conséquence, il ne s’agissait pas encore des formations étatiques actuels. Mais ces phases furent décisives dans la formation des royaumes moosé à cause de la nature guerrière et conquérante des moosé décrits dans les ta’rik.

Certaines traditions font remonter l’histoire des entités moosé actuelles au XIIè siècle, mais les travaux des historiens situent cette histoire au XVè siècle.

Entre le XV è et le XVIIè siècle les conquérants moosé dont la dernière origine connue se situe dans l’actuel Ghana, créérent des royaumes solides et historiquement établis.

OUEDRAOGO (qui veut dire Etalon), fils de Yennega constitue un symbole et toute l’histoire de la génèse des royaume mossi actuel. Cet ancêtre des moosé serait le fruit de l’alliance entre Yennega, la princesse guerrière du Dagomba et de Rialé un prince d’origine mandé venu au secours de yennega dont le cheval s’était emballé. Le fruit de leur alliance donna Ouédraogo en témoignage de l’étalon qui avait conduit Yennega vers Rialé.

OUEDRAOGO règna sur Tenkodogo, le plus ancien des royaumes établis au Burkina actuel. Zoungrana consolida ce royaume. Wubri, dans la lignée fut le plus grand conquérant: il constitua le royaume le plus central, Ouagadougou . Progressivement, les moosé occupent toute la zone centrale de l’actuelle Burkina Faso soumettent et/ou assimilent les peuples qui y vivaient. La limite occidentale du territoire moosé se fixe jusque dans les bordures du Mouhoun actuel (ancienne Volta noire).

La progression s'est poursuivie jusqu’au Nord où fut fondé le Yatenga.

Les frontières du moogho se stabilisent alors vers le XVIIè siècle jusqu’à la veille de la colonisation française.

Les Gulmanceba ou gourmantché

Plus à l’Est, entre le XVè et le XVIè siècle, les royaumes Gulmanceba ou gourmantché se développèrent avec l’arrivée des conquérants appelés Burcimba  qui imposèrent progressivement un type de pouvoir centralisé aux anciens occupant appélés tindano. A l’opposé des moosé qui imposèrent leur langue aux anciens occupants, les conquérants Burcimba adoptèrent la langue de leurs prédécesseurs.

Dans cette zone vivaient également les Tankamba établis aujourd'hui au Nord du Bénin.

L’ancêtre mythique le plus connu des gulmanceba est Jaba Lompo que certains historiens rattachent à la lignée des conquérants mossé.

Progressivement, les gulmanceba occupent  l’Est du Burkina actuel soit une (1) superficie de 50 000 km2. On les retrouve également dans l’actuel Niger et au Bénin.

Les Fulsé, les Marka ou Dafing, les Yarcés, les Bobo-Diula, les Diula

Du XVè au XVIè siècle toujours arrivent d’autres batisseurs d’Etat et de villes : les Fulsé, les Marka ou Dafing, les Yarcés, les Bobo-Diula, les Diula. Ces trois derniers groupes sont de grands batisseurs de villes et structurent le commerce en diffusant parfois l'Islam.

Au Nord, domaine du sahel, les Fulfuldé (Peuls), créent des principautés : Royaume du Djelgodji.On trouve aussi les Sonrhaï. Certains forment des colonies de peuplement en Pays moosé où onleur atttribue le nom de Maranse.

Les dernières vagues

Entre le XVIII et le XIXè sècle, la mise en place des peuples de l’actuel Burkina Faso se poursuit. Mais, il ne s’agit pas d’une phase migratoire caractérisé uniquement par la construction de formation étatique.

Dans le Sud-Ouest, les dernières grandes vagues de migrations précoloniales sont constituées par les groupes Lobi-Dagara venant de l'actuel Ghana. Ces groupes sont jaloux de leur organisation sociale non hiérarchisée et réussissent à les préserver jusqu'à la veille de la colonisation. C'est à cette période qu'arrivent également les Gouin et les Turka.

Au XVIIIè siècle, les Wattara de Kong (foyer actuellement en Côte d'Ivoire) tentent de fonder le royaume du Gwiriko dans l'Ouest du Burkina.

Un royaume plus réduit, le Kénédougou tente de prendre la relève au début du XIXè siècle (1825), mais la résistance des peuples hostiles à la centralisation et surtout la colonisation mirent fin à cette entreprise à la fin du siècle.

Synthèse

En résumé, la mise en place des peuples du Burkina Faso n’autorise pas une classification à partir des entités administratives créés par la colonisation. Les principaux courants migratoires selon leur dernière étape de transition, viennent essentiellement du Mali actuel, du Ghana actuel et de la Côte d'Ivoire actuelle.

Les langues parlées par ces groupes sociaux ne correspondent pas non plus aux origines. Ce qui constituent pour le Burkina Faso, sur le plan des traditions, un exemple de synthèse, et une forte tradition d’intégration, et d’innovation culturelle.

La diversité des groupes sociaux est beaucoup plus marquée à l’Ouest et au Sud-Ouest où cohabitent des populations à système social historiquement communautaire, même si on note quelques formations étatiques pendant des périodes historiques courtes. Elles n’ont pas pu se consolider sur la longue durée.

Au centre par contre, l’homogéneité était plus prononcée et les systèmes sociaux historiquement plus hiérarchisés, ce qui est essentiellement imputable aux mossé.

A proximité d’autres groupes sociaux historiques ont gardé leur autonomie indentitaire, mais ont progressivement adopté le modèle hiérarchisé (Bissa); d’autres par contre y sont restés refractaires (composantes Gourounsi).

A l’est également l’homogéneité est prononcé à cause des Gulmancéba qui ont adoptés un système social historiquement hiérarchisé.

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